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RDC : des alternatives de mobilisation de financement après la fermeture de l’USAID

La République démocratique du Congo et les autres pays africains concernés par la fermeture de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) sont appelés, chacun, à mobiliser un financement interne à sa propre politique de développement. C’est ce que propose le Chef de travaux Kambale Kighusu Richard, consultant et expert en questions de développement, également spécialiste en planification régionale.  

Plusieurs projets qui étaient en cours d’exécution et d’autres qui attendaient d’être financés par l’USAID courent le risque de s’arrêter, à la suite de l’annonce de la fermeture de cette Agence méricaine pour le développement. Selon le CT Kighusu Richard, il y a risque d’un retour à la case de départ, d’autant plus que les pays qui sont affectés par cette décision auront des difficultés à pouvoir trouver des alternatives pour pouvoir s’en sortir. 

« C’est comme ça qu’il y a besoin accru de nouveaux partenaires qu’il faut retrouver rapidement en vue d’assurer la relève des financements qui étaient mobilisés par l’USAID.  Cet exercice n’est pas facile pour plusieurs pays, notamment le nôtre par exemple, parce que ce sont des pays qui font face à plusieurs types de défis, aussi bien de la gouvernance que sécuritaires en général », analyse-t-il.  

Un fonds congolais pour le développement

Parmi les alternatives, l’expert en questions de développement propose à la RDC de réévaluer les dépenses de l’Etat pour mettre en place un Fonds congolais de développement.

« Il faut réévaluer les dépenses de l’État pour mettre en place un Fonds congolais de développement. En Europe, il existe un Fonds Européen de Développement (FED). Nous devons aussi penser à créer un Fonds congolais de développement. En Afrique, il existe des initiatives allant dans ce sens. Il faut qu’on arrive à créer un Fonds congolais de développement. Comment est-ce qu’on peut arriver à mettre en place un tel Fonds ? Première option, il faut stopper les dépenses non essentielles de l’Etat,  parce qu’il y en a de trop: plusieurs voyages, plusieurs activités et cérémonies protocolaires… C’est des dépenses qu’on engage et qui ne sont pas nécessairement indispensables à la vie de l’Etat, mais qui nous prennent beaucoup d’argent, de l’argent qui pouvait être capitalisé dans un Fonds spécial pour financer des projets, des programmes de développement à travers le pays. Alors, la deuxième option, c’est de stopper les détournements. Il faut stopper aussi la corruption et la concussion, parce que ces fléaux réduisent la capacité de l’État à mobiliser des fonds et à financer ses propres programmes de développement », a-t-il recommandé.

Spécialiste en planification régionale, le Chef de travaux Kighusu Richard recommande aussi de capitaliser la politique de la décentralisation en redonnant aux provinces et aux entités territoriales décentralisées la  possibilité de répondre aux préoccupations élémentaires des citoyens.

« Par exemple, c’est anormal que les autorités de la commune n’arrivent pas à financer des programmes comme WASH, des programmes qui consistent à construire des sources d’eau potable et à mettre en place des activités d’hygiène et assainissement des quartiers, des avenues. On ne sait pas mettre en place des programmes élémentaires comme ceux-là alors qu’on a déjà une politique de la décentralisation qui vise à redonner du pouvoir à ces entités qui doivent jouer un certain nombre de rôles dans ce sens-là », ajoute-il.

Des conséquences diplomatiques

Par ailleurs, estime l’analyste, bien que légitime pour les américains, la décision de mettre fin aux activités de l’USAID, risque d’avoir des conséquences sur les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et les pays qui sont concernés par le financement de l’USAID. C’est le cas de la RDC qui a un programme très ambitieux avec les  Etats-Unis  et l’Angola. Ce programme porte sur le développement du corridor de Lobito en y installant un chemin de fer qui va permettre d’évacuer les matières stratégiques de la RDC vers  l’océan, afin de gagner les Etats-Unis. Ces  matières sont très utiles dans les politiques de la transition énergétique qui mobilise actuellement plusieurs pays épris des sources alternatives. Les frustrations consécutives à cette décision risquent de raviver le sentiment anti-américain (anti-occident) et d’ouvrir ainsi le couloir à la conquête du continent par la Chine, l’Inde, la Russie ou encore la Turquie. 

Jackson SIVULYAMWENGE

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