Sécurité

Lubero : « 5 secteurs catholiques fermés en raison des violences attribuées à l’UPLC se faisant passer pour l’ADF »

Au moins cinq secteurs de l’Église catholique de la paroisse Jean-Paul II de Masoya ont fermé leurs portes dans le groupement Mwenye, en territoire de Lubero au Nord-Kivu, en raison de l’insécurité qui serait orchestrée par les présumés membres de l’UPLC, se faisant passer pour des ADF.

Cette révélation a été faite ce lundi 10 février 2025 par l’Abbé Crispin Ngwali, curé de cette paroisse. Selon lui, la montée des violences causées par ces éléments de l’UPLC, qui échappent au contrôle de leurs troupes, a occasionné la suspension temporaire des activités pastorales afin d’épargner les fidèles et le personnel religieux d’éventuels massacre.

Par ailleurs, l’Abbé Crispin Ngwali appelle tous les habitants à ne pas quémander des vivres pour les déplacés, mais plutôt à créer un comité pour cette cause. Il a toutefois demandé aux autorités compétentes de tout faire pour restaurer la paix dans cette partie du territoire de Lubero. L’Abbé Curé Crispin Ngwali est au micro de votre radio.

« Il n’y a pas d’activités pastorales, car il n’y a plus de chrétiens. Nous sommes tous déjà des réfugiés. Peut-être juste à Musingiri, on peut encore célébrer. Puisque j’y ai été, j’y ai passé presque une semaine. Nous étions chaque fois quatre, six, huit. Donc, comme réfugiés. Mais les habitants même de Musingiri ne reviennent pas à la messe. Je pense qu’il a été révélé, noir sur blanc, que c’est l’U.P.L.C. qui est en train d’égorger. Et à ce moment-là, personne ne peut plus avoir confiance en ces gens-là qui nous gardent. Nous pensons que, pour que toutes les activités puissent reprendre, ils doivent vraiment quitter le milieu. En fait, partout où ils sont, maintenant, ce sont des tueries…Plutôt, nous pourrions créer un comité, chaque fois qu’il y a un problème, pour débattre s’il y a un problème de nourriture, s’il y a un problème de soins, afin qu’on puisse vraiment traiter cela comme des ressortissants de Mwenye. Ce sera, pour nous, une occasion de solidarité… »

Dans une note publiée le samedi 8 février 2025, l’Union des Patriotes pour la Libération du Congo (UPLC) rejette les accusations de son implication dans les massacres des civils à Mwenye, territoire de Lubero. Le leader du groupe, le « Général » Germain Mayani, exprime sa désolation et dénonce une campagne de désinformation orchestrée par des acteurs politiques.

L’UPLC, qui se présente comme un mouvement Wazalendo allié aux FARDC, affirme que ces accusations visent à diviser la population et affaiblir la lutte contre les ADF. Il rappelle que plusieurs autorités locales ont déjà salué ses efforts pour sécuriser la région.

Face à ces accusations, Germain Mayani réaffirme son engagement à collaborer avec les autorités et se dit prêt à répondre à la justice en cas de preuve tangible de l’implication de l’UPLC dans ces massacres.

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