Goma sous occupation : « En 2022, nous avions appelé au dialogue avec le M23, mais l’Union Sacrée est restée sourde » (Promesse Matofali)

Promesse Matofali, ancien député provincial et membre du parti « Ensemble pour la République » de Moïse Katumbi, critique la gestion de la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo par le gouvernement de Félix Tshisekedi. Il soutient que si le gouvernement avait suivi les recommandations de l’opposition en 2022, notamment en engageant des négociations avec le groupe rebelle M23, les tragédies actuelles auraient pu être évitées.
« Si l’Union Sacrée sous le régime FATSHI avait suivi notre conseil en 2022 face à la guerre du M23, les morts, les pillages de Goma, Minova, Sake, Kanyabayonga, Kirumba… auraient pu être évités. Aujourd’hui, des milliers de familles sont endeuillées, des populations jetées sur les routes de l’exil, et nos terres livrées au chaos. Qui va payer pour cette irresponsabilité », s’interroge Promesse Matofali.
Revenant sur les résultats de la présidentielle de décembre 2023, le député provincial honoraire déclare :
Alors que nous avions très bien averti : si nous faisons un mauvais choix en 2023, sachez que nous allons souffrir pendant les cinq prochaines années. Et où en sommes-nous aujourd’hui ? Nous sommes en train de souffrir. Vous avez vu ce qui s’est passé à Goma. Plus de 3 000 morts, des boutiques pillées. La population est la principale victime. Voilà pourquoi nous continuons à exprimer notre compassion. Regardez comment on souffre à Goma. Aujourd’hui, nous nous taisons. Il n’y a plus de droit de manifestation, plus de droit de se réunir, plus de libertés. Pourquoi ? Parce que nous régressons. Et en tant qu’opposition, là où l’avenir du pays est en jeu, nous serons présents. Nous apporterons nos idées, nous proposerons nos stratégies. Mais que ceux qui ont échoué soient sanctionnés.
Pour rappel, en février 2023, Matofali avait déjà exprimé des réserves quant à l’efficacité de la stratégie militaire face à l’avancée du M23. Il avait plaidé pour l’ouverture de négociations officielles afin de comprendre et de traiter les revendications du groupe rebelle, estimant que le dialogue était essentiel pour une résolution pacifique du conflit.
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