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Nord-Kivu : Byambwe, ce village fantôme à 65 km de Butembo après les attaques de l’ADF

Situé à environ 65 kilomètres de Butembo, le village de Byambwe ressemble aujourd’hui à un véritable village fantôme. Les exactions attribuées aux rebelles ADF ont profondément bouleversé la vie de ses habitants.

Dans la nuit du 14 novembre 2025, au moins 28 personnes ont été massacrées. Deux mois plus tard, le 13 janvier 2026 au matin, une nouvelle attaque a coûté la vie à 6 autres civils. Depuis ces tragédies, la population a fui massivement et ne revient que timidement.

En pénétrant dans la concession de la paroisse Saint-Paul de Byambwe, les visiteurs sont accueillis par des herbes sauvages qui ont envahi les allées autrefois animées, symbole de l’abandon progressif de la zone. Selon l’abbé Ghislain Katsere, la situation est dramatique.

« La situation est macabre… On a massacré ici 28 personnes dans la nuit du 14 novembre, puis encore 6 personnes le matin du 13 janvier ».

Prise externe de l’église catholique de Byambwe, ©Georges Kisando
Prise externe de l’église catholique de Byambwe, ©Georges Kisando

Derrière l’église paroissiale, le centre hospitalier est fermé. La congrégation des religieuses qui en assurait la gestion a quitté les lieux, et le personnel soignant refuse de revenir par peur.

« Les centres de santé sont fermés, même brûlés. Le personnel soignant ne veut plus venir à cause de la peur », déplore l’abbé Katsere.

Malgré cette insécurité persistante, deux prêtres ont choisi de rester pour maintenir une présence spirituelle auprès des rares fidèles. L’abbé souligne que : « nous restons deux prêtres ici. C’est très difficile, mais c’est la foi en Christ qui nous fait tenir debout ».

Quelques rares habitants aux côtés de l’abbé Ghislain Katsere et des militaires FARDC
Quelques rares habitants aux côtés de l’abbé Ghislain Katsere et des militaires FARDC

Les violences qui ont frappé le territoire de Lubero, secteur des Bapere, semblent désormais s’étendre vers de nouvelles entités du territoire de Beni. Dans le groupement Malio, chefferie des Bashu, 15 écoles primaires et 8 écoles secondaires ont suspendu leurs activités depuis près d’une semaine et demie à cause de l’insécurité.

Depuis le lundi 26 janvier 2026, les établissements des villages Vurondo, Kisasa Ndondi, Kivira, Kisungu Vulera et Kyondo Kitumbu restent fermés après des attaques répétées attribuées aux ADF/NALU dans le groupement Mwenye (Lubero) et à Vurondo (Malio). Cette situation perturbe gravement le calendrier scolaire, alors que les élèves du secondaire sont en pleine période d’examens.

Les populations affectées se sont réfugiées à Butuhe et à Butembo, jugées plus sécurisées, tandis que la société civile appelle le gouvernement à intensifier les efforts pour le retour de la paix et la reprise normale des activités scolaires.

Georges Kisando

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