Nord-Kivu : le retour probable de la MONUSCO suscite une vive polémique à Lubero

Des conducteurs de moto-taxi de la commune de Lubero s’opposent au retour probable de la MONUSCO dans son ancienne base de Mulo, en territoire de Lubero. Faisant partie des différentes couches de la population invitées à la réunion organisée mardi 15 octobre par l’administrateur de ce territoire pour traiter de cette question, tous les conducteurs de moto-taxi présents à cette réunion ont quitté la salle, synonyme de boycott du sujet à l’ordre du jour.
Plus d’une trentaine de personnes, des taximen pour la plupart, étaient réunies dans la grande salle du bureau du territoire de Lubero sur l’invitation du numéro un de ce territoire, le colonel Mitela Kiwewa Alain. Absent de ce lieu en raison d’une mission à Kimbulu, l’organisateur de la rencontre avait déjà désigné certains leaders de la place, parmi lesquels Georges Katsongo, président honoraire de la société civile, pour diriger la rencontre en son nom. Mais à l’annonce de l’ordre du jour, presque tous les participants ont quitté la salle en disant NON au retour probable des casques bleus de la MONUSCO, rapportent plusieurs sources locales contactées ce mercredi 16 octobre par La Voix de l’UCG.
Depuis décembre 2023, la MONUSCO a fermé sa base de Mulo près du centre de Lubero dans le cadre de son plan de retrait progressif signé avec le gouvernement congolais. Toutefois, d’après une source proche de l’autorité territoriale, la présence des terroristes ADF dans le secteur des Bapere justifierait la volonté de certaines autorités à faire appel aux casques bleus de la MONUSCO. La même source a même confié à La Voix de l’UCG que cela serait sur demande de la notabilité du secteur des Bapere, dont une importante partie s’est déjà vidée de sa population suite à l’activisme de l’ADF.
Pour la population, il n’en est pas question. Lundi dernier, le président de la société civile noyau de Lubero a, dans une déclaration, exprimé cette position en disant NON au retour de la MONUSCO dans cette zone. De leur côté, certains habitants de la place proposent l’organisation d’un meeting populaire pour obtenir l’avis de la population sur ce sujet.
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