Politique

RDC : le manque d’idéologie est l’une des grandes causes du vagabondage politique au pays (CT Isaac Kivikyavo)

La politique de la RDC est basée sur les personnalités et non les idéologies. Voilà pourquoi les politiciens dont des députés changent des partis politiques lorsqu’ils veulent alors que leur mandat est lié au dit parti. C’est la lecture des faits du Chef des travaux Isaac Kivikyavo, enseignant en science politique à l’Université Catholique du Graben, UCG Butembo, face à la transhumance politique qui s’observe à la veille des élections.

Analysant ce qui s’apparente à un mercato ou mieux un marché de transfert des politiciens, Isaac Kivikyavo explique que cette situation est motivée par le souci de la survie politique et l’absence d’idéologie au sein  des partis politiques.

« Les gens sont à la recherche de la survie politique. Ils se réfèrent au système électoral en application avec la nouvelle loi électorale qui offre à tous partis d’opportunité d’obtenir un siège. La politique se fait sur base des noms des gens et non des idéologies. C’est ainsi qu’une personne peut quitter un parti libéral pour un parti socialiste sans aucune explication au préalable. Il va juste dire qu’il soutient le nom du leader de ce parti, etc. » a expliqué Isaac Kivikyavo.

A propos des députés nationaux qui devraient normalement perdre leur siège selon la loi en adhérant aux partis pour lesquels ils n’ont pas été élus, Isaac Kivikyavo fait mention de la supériorité de la politique sur le droit en RDC. Il rappelle que depuis l’avènement de l’union sacrée avec la chute de Jeanine Mabunda au perchoir de l’assemblée nationale, les députés ne perdent plus leur siège en quittant leur parti politique.

« Parfois le droit ne marche pas avec la politique, c’est ce qui se vit en RDC. Avec la chute de Jeanine Mabunda à l’assemblée nationale on a redessiné les cartes au parlement. C’est ainsi qu’il y a par exemple des députés élus sous le label PPRD mais qui ne répondent plus comme PPRD. L’union sacrée du président actuel a tout chamboulé. Il y a aussi ce système des regroupements politiques qui généralement sont circonstanciels. Cela fait qu’après des élections, les gens n’ont vraiment pas une vraie identité d’appartenance entre le parti et le regroupement » renchéri ce politologue.

Rappelons qu’à ces jours des dépôts de candidature, plusieurs politiciens ont annoncé leurs adhésions aux nouveaux partis politiques. Les cas les plus récents sont les adhésions de Rose Tuombeyane  l’ancienne militante de la société civile et du député national Tembos Yotama qui ont respectivement quitté le BUREC et la COFEDEC pour l’AFDC de Bahati Lukwebo. Outre ceux-ci, le député provincial Jean-Paul Ngahangondi qui était au DCF/N a annoncé qu’il va postuler pour le compte d’un parti de l’opposition, une position  contraire à celui de son parti qui lutte aux côtés du président actuel Felix Tshisekedi ?

Ismaël Kabuyaya

Partager:

Articles connexes

Bouton retour en haut de la page