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RDC : les terroristes ADF se rapprochent de nouveau de grandes agglomérations (armée)

Les terroristes ADF se sont de nouveau rapprochés des grandes agglomérations en territoires de Beni et Lubero au Nord-Kivu et dans celui d’Irumu en Ituri. Ce, en dépit des opérations « Shujaa »,  menées conjointement entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la Force de défense du peuple ougandais (UPDF) dans les provinces du Nord-Kivu et l’Ituri. « Plusieurs facteurs expliquent cette résurgence », explique le commandant des troupes ougandaises déployées en RDC.

D’après le général de brigade Paul Muwonge, chef de la division de montage de l’UPDF également commandant des troupes ougandaises dans les opérations Shujaa, le premier facteur est la tendance à s’accrocher sur la même zone d’influence : l’espace d’influence « Nande » où on parle le kiswahili, avec comme principales activités, le commerce et l’agriculture.

« L’ADF ne veut pas quitter cette zone parce qu’elle lui est favorable,notamment pour le ravitaillement en ration alimentaire et en produits de première nécessité », fait savoir l’officier ougandais.

Pour illustrer ses propos, il cite le cas du chef ADF Abwakasi, actuellement localisé à Bandulu, localité située près de la rivière Lindi entre le Nord-Kivu et la Tshopo. Délogé début 2022 de la vallée de Mwalika où il avait déjà tissé d’importantes relations avec certains agriculteurs, il s’est réfugié dans celle de Mayangose, important grenier pour la ville de Beni et les autres grandes agglomérations environnantes.

Poursuivi par les armées congolaise et ougandaise, il a quitté Mayangose pour Cantine avant de prendre la direction du secteur des Bapere en territoire de Lubero.

Le deuxième facteur est la justification du financement. Affiliés à l’organisation d’Etat islamique depuis 2017, d’après le groupe d’experts de l’ONU, les terroristes ADF bénéficieraient du financement en provenance de plusieurs pays du monde arabe.

« Ils mènent les attaques contre les civils, non seulement pour marquer leur présence, mais également pour  justifier les fonds qu’ils reçoivent de la part de l’Etat islamique », révèle la même source. 

Dans ce contexte, les armées congolaise et ougandaise procèdent régulièrement aux évaluations à mi-parcours des opérations militaires pour s’adapter à chaque évolution de la situation.

Un autre facteur, c’est la collaboration de l’ADF avec certains habitants. L’officier ougandais insiste : « l’ADF ne peut survivre sans l’appui de la population ».

Avec sa présence militaire évaluée à 4 000 hommes, l’armée ougandaise, initialement opérationnelle en territoires de Beni depuis novembre 2021, s’est étendue sur la majeure partie de la province de l’Ituri. Elle est également présente dans le Lubero.

Jackson Sivulyamwenge

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