
Le déséquilibre social est l’une des causes à la base du recrutement des enfants par des groupes armés Wazalendo. C’est ce qu’a révélé le samedi 30 septembre 2025 Vérité Balungu, étudiant à l’école de criminologie de l’Université catholique du Graben (UCG), au cours de la présentation des ses recherches de fin de cycle en 3e de licence du système LMD. Il préconise, comme solution, la création des emplois afin que tous les habitants se retrouvent financièrement.
L’impétrant est parti du constat selon lequel, les combattants Wazalendo présent au grand Nord-Kivu, intègrent les enfants dans leurs rangs pour que ces derniers les aident dans leurs diverses missions. Une situation qui, selon l’étudiant, peut compromettre la sécurité de la population au vu de l’âge de ces enfants.
Au même moment, le chercheur démontre que les enfants se laissent recruter par les groupes armés suite à la pauvreté de leurs familles, aux côtés de leur éducation ratée dès le bas âge.
Il indique que ces enfants représentent parfois un danger après leur sorti des maquis lorsqu’ils ne sont pas facilement acceptés dans la communauté. Et comme conséquences, ils trempent dans le banditisme.
« Actuellement, avec les Wazalendo, qui travaillent parfois avec les forces légales, alors que dans leurs rangs, ils recrutent encore des enfants. Comme causes : la pauvreté, le manque d’éducation de certains enfants dans certaines familles, poussent ces derniers à se laisser facilement enrôler dans des groupes armés. Comme conséquence, lorsque ces enfants sortent des groupes armés, ils subissent un problème d’étiquetage : on les considère comme des criminels ou comme des soldats, ce qui rend leur réintégration dans la société difficile. Ce manque de réintégration sociale les pousse à former des bandes criminelles, devenant ainsi un problème pour la sécurité intérieure de notre ville de Butembo. C’est pourquoi, aujourd’hui, on observe des cas d’incursions armées », indique-t-il.
Pour lutter contre le phénomène « enfants soldats » dans des rangs des éléments Wazalendo, l’étudiant à l’école de criminologiede l’UCG, département de la sécurité intérieure, propose qu’il y’ait un équilibre social, notamment par la création d’emploispar le gouvernement ou par des entrepreneurs nationaux.
Cela permettra à toutes les familles d’avoir tant soit peu des moyens. Il pense ensuite que les parents doivent scolariser leurs enfants pour éviter tout dérapage.
« Il faut donc voir comment créer l’équilibre social. Pourvu qu’on ne puisse pas avoir une marge de classes trop grande, où il y a d’un côté les plus pauvres et de l’autre les plus riches. C’est là que les pauvres veulent vivre dans la société aux côtés des plus riches, alors qu’ils sont tellement démunis qu’ils peuvent tout faire pour trouver un moyen de survivre. Parfois, cela entraîne des perturbations dans les familles, et les enfants finissent par se disperser. Donc, si l’on créait un équilibre dans la société, cela pourrait aider à éviter que ces enfants ne se laissent recruter par des groupes armés. Mais il faut aussi tout faire pour éduquer nos enfants, les envoyer à l’école, pour qu’ils reçoivent au moins une formation de base. Car, dans notre travail, nous avons constaté que beaucoup d’enfants présents dans les groupes armés sont ceux qui n’ont pas été scolarisés », ajoute-t-il.
Dans le grand Nord-Kivu, plusieurs enfants soldats sont visibles dans les rangs des combattants Wazalendo. On les trouve commis à la sécurité des points de contrôle et à la perception d’argent sur les barrières de péage route, notamment sur plusieurs routes des territoires de Lubero et Beni.
Ils sont aussi présents sur différentes lignes de front dans les affrontements contre les rebelles. Le parlement d’enfants et plusieurs autres organisations de défense de droits humains ne cessent d’appeler au retrait des enfants des groupes armés.
Glodi Mirembe
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