Beni : une étude révèle que 239 enfants sur 1 707 déplacés sont vulnérables face à la mortalité palustre
Une étude intitulée « Morbi-mortalité palustre chez les enfants déplacés à Beni du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2024 », défendue en spécialisation de pédiatrie à l’Université Catholique du Graben (UCG), met en lumière la forte vulnérabilité des enfants déplacés face au paludisme. Présentée par le Dr Uliwabo Rugo Mamy lors de sa soutenance publique, la recherche a porté sur un échantillon de 1 707 enfants déplacés. Parmi eux, 239 enfants, soit 14 %, présentaient des facteurs associés à un risque accru de mortalité liée au paludisme.
Julienne Muhima
Selon la spécialiste, cette recherche visait à analyser l’ampleur du paludisme dans un environnement marqué par les déplacements massifs de populations à Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo.
L’étude met en évidence:
- une fréquence élevée des cas de paludisme chez les enfants déplacés ;
- des complications sévères ;
- et des difficultés de prise en charge dans un contexte d’instabilité sécuritaire.
La malnutrition, facteur aggravant
D’après les conclusions présentées, l’état nutritionnel précaire constitue un facteur majeur de vulnérabilité. Les enfants souffrant de malnutrition présentent un risque plus élevé de complications et de décès en cas d’infection palustre.
« Ma recherche s’est focalisée sur les problèmes de santé des enfants déplacés de guerre, afin de comprendre les facteurs expliquant leur vulnérabilité face à la mortalité », a expliqué la chercheure.
En guise de recommandations, la pédiatre plaide pour :
- le renforcement des mesures de prévention du paludisme ;
- l’amélioration de la prise en charge nutritionnelle ;
- le soutien aux cliniques mobiles intervenant dans les sites de déplacés.
Elle souligne également l’impact du conflit armé sur le système de santé local. Selon les données humanitaires publiées par, plus de 1,6 million d’enfants ont été contraints de fuir leurs foyers dans l’est de la RDC, aggravant leur exposition aux maladies et à la malnutrition.
Elisha Kindy
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