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RDC-Ouganda : tracasserie à ciel ouvert au poste frontalier de Kasindi-Luviriha

Tracasserie à ciel ouvert au poste frontalier de Kasindi-Luviriha entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda. Deux bureaux sont particulièrement cités : le programme national d’Hygiène aux frontières et l’Agence nationale de renseignement.  

D’après la coordination territoriale de la société civile de Beni qui en a fait l’alerte, cette pratique tourne au tour du monnayage de la carte jaune. Le programme national de l’hygiène, pourtant chargé de contrôler l’état de santé de voyageurs, de vérifier leurs certificats de vaccination et d’administrer les vaccins à ceux qui en ont besoin, exige plutôt de l’argent aux voyageurs. 

« C’est devenu stratégique parce que maintenant plusieurs citoyens empruntent la route Kasindi pour se rendre à Goma, ils passent par l’Ouganda, mais déjà là il y a deux services, deux bureaux qui rendent de plus en plus la population esclave.  C’est notamment les services de l’hygiène publique à la frontière, donc on vous demande carte jaune, vous l’avez ou vous ne l’avez pas, et puis un moment donné on vous demande 3000 francs, et on a des passants qui passent par-là, c’est compliqué. Il y a un autre bureau de services de renseignement, toujours là à la frontière », déplore Richard Kirimba, vice-président des forces vives du territoire de Beni.

Plusieurs fois la société civile a remonté cette situation auprès des autorités provinciales, « mais la pratique persiste », ajoute Richard Kirimba, redoutant la méfiance de la population vis-à-vis de ses services.   

« Nous avons plusieurs fois remonté,  mais à 2025 on a constaté que c’est sur ce genre de tracasseries qu’on a pu noter,  et tout ce que je viens de dire là a joué sur l’acceptation des services par la population ou encore  l’accompagnement honnête de la population auprès des services de l’Etat, parce que la population n’a plus distinguer l’Etat qui le protège et l’Etat qui l’asphyxie ».

Les forces vives du territoire de Beni appellent à l’implication personnelle du  gouverneur pour mettre fin à cette forme de tracasserie. Dans une enquête journalistique consacrée à la livraison frauduleuse des certificats de vaccination contre la fièvre jaune récemment réalisée par notre confrère Jérémie Kyaswakera, le coordonnateur du programme national d’hygiène aux frontières,  Erick Banga, avait confirmé qu’il existait des faux documents sans numéros de série ou encore sans codes QR.

Cependant, il rejette les accusations de corruption, affirmant qu’il était nouveau à ce poste.

Jackson Sivulyamwenge

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