
Le désaccord persistant entre la RDC et le Rwanda autour de l’accord de Washington expose les deux pays à des pressions, voire à des ingérences accrues des États-Unis d’Amérique. C’est le point de vue de Frédéric Amani, chercheur associé en sciences politiques de l’Université de Lubumbashi et consultant en relations internationales.Cette analyse intervient dans un contexte marqué par des interventions militaires des États-Unis dans certains pays, notamment au Venezuela et au Nigeria, où des frappes américaines ont récemment visé une base d’un groupe État islamique.
Pour ce chercheur, l’intervention militaire des États-Unis dans plusieurs régions du monde se comprend à la lumière de la matérialisation de la doctrine Monroe. Cette doctrine, initiée par le cinquième président des États-Unis, James Monroe, visait initialement à empêcher l’hégémonie européenne sur le continent américain. Bien que défensive à l’origine, elle stipule que :
« Lorsque les intérêts des États-Unis sont menacés, ceux-ci s’arrogent le droit de s’écarter des principes du droit international, de la Charte des Nations unies et même de la souveraineté des États, afin de préserver leurs intérêts et, de fait, imposer une zone d’influence », explique-t-il.
Poursuivant son analyse, Frédéric Amani indique que l’accord de paix signé entre le président rwandais Paul Kagame et le président congolais Félix TshisekediTshilombo, sous l’égide du président Donald Trump, inclut des bénéfices liés aux intérêts stratégiques des États-Unis. Dès lors que ces intérêts seraient compromis par la non-application de cet accord, les États-Unis pourraient se sentir obligés de protéger ce qui leur revient et, éventuellement, de mettre en pratique la doctrine Monroe, prévient le chercheur.
« Il revient à chacun de ces États de respecter ses engagements. Lorsque ceux-ci sont bafoués, et puisque les intérêts fondent l’existence même des États, dans un contexte où le rapport de force est déterminant, il peut y avoir soit de l’ingérence, soit une pression internationale accrue », souligne-t-il.
Si l’accord de Washington demeure inappliqué, les risques sécuritaires, diplomatiques et souverains pour la RDC et le Rwanda pourraient devenir imminents.
Elisha Kindy
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