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Butembo : un militant du Parlement debout de Furu saisit le ministère de la Défense face aux massacres des ADF

Un militant du Parlement debout de Furu, en ville de Butembo, a saisi le ministère de la Défense nationale et des Anciens combattants de la RDC sur la persistance des massacres des ADF dans le Grand Nord-Kivu. Via une correspondance ce lundi 6 juillet 2026, dont le ministère a accusé réception, il l’invite à investir des moyens dans la traque des terroristes ADF tout en assurant le suivi des opérations. Mais en attendant la réponse, l’auteur de cette correspondance, Maître Kambale Musumba Angelus, invite les habitants à la vigilance.

Dans un entretien accordé à La Voix de l’UCG mardi 7 juillet 2026, Maître Musumba Angelus regrette d’entrée de jeu que les tueries ne cessent de s’accentuer dans plusieurs entités du Nord-Kivu, voire de l’Ituri. Au vu de ces attaques, l’expéditeur pense que cette hémorragie sécuritaire traduit un certain relâchement de la situation par les hautes autorités de la défense du pays.

Il évoque notamment, comme défi, l’absence d’un mécanisme d’accompagnement des soldats au front pour une meilleure prise en charge. Maître Musumba Angelus déplore que certaines autorités semblent ignorer cette insécurité orchestrée par les ADF. Pour lui, cette correspondance servira de rappel qui devra précéder l’engagement dans la traque effective des rebelles, avec une implication directe du ministère de la Défense.

« Les autorités au niveau national, nous avons estimé qu’en les saisissant directement, cela va peut-être les pousser à prendre la question en main, surtout à s’intéresser à la question parce que, en constatant ce relâchement, nous avons estimé que le ministre devrait plutôt prendre cette question en main. C’est comme cela que nous l’avons saisi directement pour qu’il soit conscient et qu’il soit au courant de ce que nous traversons comme souffrance, qu’il soit mis à jour sur la question des massacres perpétrés par les terroristes ADF. La population du Nord-Kivu, la population de Beni-Butembo-Lubero, voudrait voir l’implication directe et personnelle, surtout personnelle, du ministre Guy Kabombo ».

Au même moment, cet activiste du Parlement de Furu estime que, loin des discours et des mots de condoléances, la population a besoin d’actions concrètes afin que soient éradiqués les massacres de civils par les terroristes. Maître Musumba mobilise les habitants à la résilience et à la vigilance afin d’apporter leur soutien dans la lutte contre l’insécurité.

« Nous avons tant entendu de mots de condoléances, nous avons tant entendu de discours, de promesses, mais nous voudrions cette fois-ci voir des actions concrètes sur le terrain pour que la population soit soulagée, et surtout sécurisée. Étant donné que la paix est un droit bien garanti par la Constitution de la République démocratique du Congo, le ministre devrait donc prendre cette question en main. En tant que militant, je recommanderai à la population de rester résiliente face à cette situation que nous traversons. Au-delà de cela, je vais également appeler la population à la vigilance pour que les ennemis de la paix ne puissent pas nous infiltrer, et ce, à tous les niveaux. Soyons donc mobilisés pour la paix, et collaborons également avec les services de sécurité ».

Depuis 2014, le mouvement terroriste des Forces démocratiques alliées (ADF) tue à l’arme blanche et à feu les habitants, incendie des maisons d’habitation et de commerce, voire des véhicules. Plusieurs commerces ont déjà été décimés, et les champs, poumons alimentaires des grandes agglomérations, sont devenus inaccessibles suite à cet activisme des ADF.

Des milliers de personnes ont déjà perdu la vie dans ces massacres. Les opérations Shujaa, mises en place spécialement pour la traque des ADF, ont affaibli le mouvement rebelle. Mais les tueries n’ont toujours pas cessé. Parfois, les autorités militaires accusent la population de collaborer avec les rebelles dans cette guerre asymétrique.

Glodi Mirembe

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