RDC – 16 janvier : « Ne jamais trahir le Congo », un mea culpa du Mzee Laurent-Désiré Kabila après l’avoir trahi (Nicaise Kibelbel Oka)

Les aînés ont fait croire à la génération actuelle que le pouvoir de diriger le Congo s’obtenait en Ouganda et au Rwanda. Une conception biaisée de la réalité qui plonge, jusqu’à présent, tout le pays dans un chaos total, révèle le journaliste d’investigation et écrivain congolais Nicaise Kibelbel Oka. Il s’est exprimé ce vendredi 16 janvier auprès de La Voix de l’UCG, à l’occasion de la commémoration du 26ᵉ anniversaire de la mort du président Laurent-Désiré Kabila.
Auteur de l’ouvrage intitulé « Les rébellions rwandaises au Kivu (1996-2024) : une stratégie de la balkanisation du Congo », préfacé par le professeur Isidore Ndaywel, Nicaise Kibelbel Oka rappelle qu’en lançant le message « Ne jamais trahir le Congo », Mzee Laurent-Désiré Kabila s’était rendu compte qu’il était devenu otage de son propre destin, à la suite des erreurs commises pour son pays en pactisant avec ses alliés rwandais.
« Mzee Laurent-Désiré Kabila a marqué une partie sombre mais aussi éclairée de l’histoire de la RDC. Ne jamais trahir le Congo est un appel au patriotisme et à l’éveil de conscience. Mais, trente ans après la chute de Mobutu, plusieurs acteurs politiques sont en pèlerinage à Kigali et à Kampala pour chercher le pouvoir. En réalité, le pouvoir qu’ils recherchent, c’est vendre le pays, provoquer les infiltrations, la balkanisation et encourager les agents doubles », déplore-t-il.
Selon ce chercheur, la jeune génération doit briser le mythe du Rwanda et de l’Ouganda, accusés de parrainer les rébellions qui pullulent dans la partie Est du pays. Il exhorte les jeunes à comprendre que l’accès au pouvoir doit se faire par des voies pacifiques.
« La génération actuelle devra à tout prix éviter les erreurs du passé, en refusant de s’enrôler dans les groupes armés servant de béquilles aux pays agresseurs. Elle doit comprendre que pour accéder au pouvoir, il faut étudier, travailler avec sérieux et œuvrer au développement du pays », insiste-t-il.
Arrivé au pouvoir après la chute du régime de Mobutu Sese Seko, à l’issue d’une rébellion soutenue par plusieurs pays voisins, l’accession de Laurent-Désiré Kabila à la présidence avait suscité beaucoup d’espoir, notamment en raison de son discours axé sur la souveraineté nationale et la reconstruction de l’État. Cependant, son pouvoir s’est exercé dans un contexte politique et sécuritaire très tendu, marqué par la guerre, des divisions internes et des relations difficiles avec certains anciens alliés. Le 16 janvier 2001, Laurent-Désiré Kabila a été assassiné dans son bureau, au Palais de Marbre à Kinshasa, par un membre de sa garde rapprochée.
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