
A Butembo au Nord-Kivu, les groupes de pression, les mouvements citoyens et la Fédération des entreprises du Congo (FEC), ne s’accordent pas sur la production et la commercialisation des boissons fortement alcoolisées. Pour le président de la FEC Butembo-Lubero, les militants de mouvements citoyens et groupes de pression devraient s’attaquer à l’Office congolais de contrôle (OCC) et à la Direction générale des douanes et accises (DGDA) en lieu et place des maisons de production de boissons fortement alcoolisées. Pour sa part, la synergie des mouvements citoyens et groupes de pression, campe sur son action, celle de poursuivre la lutte contre la commercialisation et la consommation de ces boissons prohibées.
Depuis plusieurs années, la ville commerciale de Butembo fait face à la prolifération des maisons de production de boissons fortement alcoolisées. Les groupes de pression et mouvements citoyens réunis en synergie se sont donné la mission de protester contre les entrepreneurs de ce secteur. Pour Jean-Pierre Kasma, militant actif au sein du mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA), ces boissons ne font qu’écourter la vie des consommateurs. Il signale que la synergie, dont il est l’un des porte-parole, a déjà rencontré le gouverneur pour exposer ce problème. Sans issue favorable jusque-là, il signale que des actions de protestation contre les maisons de production de boissons fortement alcoolisées sont envisagées dans les jours proches à Butembo.
« Nous sommes en train de peaufiner d’autres stratégies. Il y a cette insécurité qui est déplorée. Comme on a fait déjà des actions, nous pensons que les choses vont changer. De ce côté-là, on va reprendre des actions de terrain contre tous ces producteurs et tous ces vendeurs de boissons fortement alcoolisées. C’est un danger permanent et nous en sommes conscients. Il y a une liste d’actions que nous avons déjà établie. On a fait déjà une évaluation à mi-parcours parce qu’on a déjà sensibilisé la population, on a vu les autorités locales comme provinciales. Tout le monde est déjà saisi. Il ne reste que des actions de terrain, des actions de grande envergure pour que nous puissions mettre fin à ce fléau. On n’a rien laissé, on avance », affirme-t-il.
Pendant ce temps, le président de la Fédération des entreprises du Congo FEC/Butembo-Lubero, Polycarpe Ndivito, rappelle le rôle des services étatiques comme l’OCC et la DGDA dans le secteur de la commercialisation des boissons sur le marché. À l’en croire, l’autorisation de vente est accordée après des analyses de laboratoire et des risques qui peuvent intervenir sur les consommateurs. Il estime que les actions ne devraient pas être menées contre ces entreprises, mais plutôt contre les services de l’État.
« Il y a un pourcentage qui est autorisé dans la production des boissons. Nous avons l’Office Congolais de Contrôle (OCC), l’œil de la RDC. C’est cet office-là qui doit vérifier à la production si la qualité est rencontrée. La DGDA doit se rassurer aussi de la quantité et aussi de la perception des impôts. Tout cela est bien dans la loi. Alors, si on va faire pression contre les boissons fortement alcoolisées, faites plutôt la pression contre les gens qui n’ont pas bien fait leur travail. Parce que vous risquez de mettre le feu sur vos entreprises locales et vous créez le chômage, alors qu’il y a des gens qui sont commis à cela ».
Tenez, à Butembo, les maisons de production de boissons s’investissent dans les vins et whiskys ; rares sont celles qui ont des branches de production d’eau et de jus. Comme conséquence, les jeunes s’en donnent, et d’autres en meurent.
Glodi Mirembe
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