
Prévues ce jeudi 15 janvier 2026, les élections présidentielles et législatives en Ouganda seront largement suivies en République démocratique du Congo, principalement au Nord-Kivu et en Ituri. Au-delà des échanges commerciaux entre les deux pays, l’armée ougandaise (UPDF) est présente dans ces deux provinces depuis novembre 2021, où elle appuie les Forces armées de la RDC (FARDC) dans la traque des terroristes de l’ADF.
L’Ouganda exerce une grande influence dans l’est de la RDC. Ses soldats sont acceptés dans l’espace Beni-Lubero, réputé hostile au Rwanda. À Beni, Samuel Mbirivindu, commerçant entre la RDC et l’Ouganda, craint que tout changement de régime ait un impact sur les relations diplomatiques entre les deux pays.
« À mon avis, il faut que ce vieux reste au pouvoir pourvu que cette coopération s’intensifie davantage. S’ils votent mal, ils risqueraient aussi de tomber dans le chaos. »
Au poste frontalier de Kasindi, ces élections sont également suivies de près. Pour Synthia Kamara, enseignante à l’Institut Lubiriha, peu importe le vainqueur, l’important est de consolider la coopération entre la RDC et l’Ouganda.
« Que les Ougandais votent l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Il y a des populations qui partagent même des liens familiaux ici. C’est une situation qui affecte tout le monde. Nous pouvons souhaiter que tout se passe bien. Les régimes peuvent changer ou pas, mais l’idéologie doit rester stable. L’armée ougandaise est même présente sur le terrain ici. »
Les échanges commerciaux entre les deux pays sont au plus haut niveau. Chaque jour, des Congolais de Butembo, Beni et Lubero traversent les postes frontaliers de Kasindi et Nobila pour se rendre dans les pays de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC). Depuis la fermeture de l’aéroport international de Goma, celui d’Entebbe en Ouganda est devenu incontournable pour relier l’est de la RDC au reste du monde.
Pour Fidèle Mutupeke, habitant de Kasindi et conducteur de taxi en Ouganda, toute violence post-électorale serait préjudiciable :
« Pour ceux qui voyagent vers Kampala, Dar es Salaam ou d’autres pays, d’éventuelles violences pourraient affecter leurs activités, y compris les opérations Shuuja et les services de Dott. »
Sur l’ensemble du pays, le dernier jour de campagne a été marqué par la coupure de l’accès à Internet. Pour Mathieu Ivogha, jeune leader de Kasindi, des violences post-électorales auraient de lourdes conséquences pour les Congolais :
« Si des échauffourées surviennent, ce sera très compliqué pour nous, car nous risquons de voir la frontière fermée, alors que beaucoup dépendent de l’approvisionnement quotidien depuis l’Ouganda. »
Le président sortant, Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 40 ans, brigue son septième mandat dans un pays où l’opposition et la société civile sont muselées. À l’absence de Kizza Besigye, en prison depuis 2022 pour incitation à la violence, Museveni a pour principal adversaire Bobi Wine.
Jackson Sivulyamwenge et Fred Mastaki
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