Societé

Beni : grâce à l’appui de la DYFEGOU, des femmes rescapées et victimes de violences armées entreprennent des activités pour leur autonomie financière  

Une vingtaine de femmes rescapées et victimes de violences liées au terrorisme ADF et des exactions d’autres groupes armées à Beni et Ituri entreprennent différentes activités en vue de leur réinsertion socioéconomique dans certains villages du territoire de Beni au Nord-Kivu. Grace à l’appui et l’accompagnement de la Dynamique de Femmes pour la Bonne Gouvernance (DYFEGOU), ces femmes, parmi elles des ex-otages,  retrouvent  petit à petit leur sourire après plusieurs mois passés en captivité.

Prise en otage en 2022 par les terroristes ADF à Mbau, madame Kavira Angélique âgée de 34 ans, est revenue au village après une semaine passée en captivité. Profondément affectée par cette situation, elle faisait objet de stigmatisation dans la communauté au point qu’elle ne pouvait plus sortir de sa maison. Mais, grâce à l’accompagnement de la DYFEGOU, Angélique a lancé un restaurant, devenu une référence dans sa communauté.

« DYFEGOU m’a beaucoup aidé, c’est vrai qu’avant elle j’avais déjà quelque chose pour le démarrage. A ce moment-là je ne pouvais préparer qu’une petite quantité du riz avec 10 kilogrammes de haricots, un peu de Sombé avec la bourre, et du foufou. C’est ainsi que la DYFEGOU est arrivée me renforcer, d’abord avec 30 dollars, ce qui m’a permis de commencer à offrir aussi de la viande de bœuf, je peux donc désormais préparer de la sauce et du foufou pour mes clients, et mon restaurant attire davantage les gens. Ensuite la DYFEGOU m’avait donné 20 dollars que j’ai gardé comme épargne dans une AVEC (Ndr Association villageoise d’épargne et de crédit) »       

Madame Sofi, elle,  (nom d’emprunt) avait été enlevée avec son mari dans leur champ situé à Beu-Manyama. Son mari exécuté à la machette à sa présence, elle a passé plus de deux ans d’esclavage sexuel dans la brousse. Rejetée par sa belle-famille, elle a été dépouillée de tous ses biens avant de se retrouver seule dans la rue. A bon samaritain, la DYFEGOU lui a redonné son sourire.

« Je me dois de remercier d’abord, parce que j’étais marginalisée, rejetée par tout le monde, mais aujourd’hui je travaille, j’ai construit une maison ici à Mbau et j’ai déjà acquis une demi parcelle à Mayuwano. Au départ je n’avais que 2 000 francs, j’ai d’abord commencé à vendre les arachides à la crier, ensuite j’ai essayé les ananas, et maintenant je vends l’huile de palme et les balaies. Donc, je suis parti de 2 000 francs qui m’avaient été offert par maman Désanges, et puis la DYFEGOU m’a appuyé avec 50 dollars à l’issue d’une formation sur les AGR et l’épargne. Ainsi, j’ai épargné une partie et j’ai injecté la moitié dans le travail ». 

Pour pérenniser ces acquis, la DYFEGOU les a regroupés en associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC). Pour sa coordonnatrice Rose Tuombeane, ces femmes qui nécessitent l’amour et la solidarité de tout le monde peuvent, non seulement épargner une partie de leurs revenus, mais aussi  accéder au crédit à travers ces AVEC.  

La semaine dernière, 23 autres femmes de la même catégorie et qui ont trouvé refuge à Butembo ont été intégrées dans cette vaste campagne de réinsertion socioéconomique de femmes victimes violences liées aux conflits armés à Beni et Ituri. Chacune d’elles a reçu une enveloppe pouvant lui permettre de lancer  une activité pour son autonomisation.

Jackson Sivulyamwenge

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