
Ouvert depuis jeudi 02 octobre dernier en Ouganda, le procès du Chef rebelle Jamil Mukulu est considéré comme « sans enjeux » pour la République démocratique du Congo. Décrit comme le principal fondateur du mouvement ADF, il est poursuivi pour meurtres, terrorisme et crimes contre l’humanité.
Plusieurs années après son arrestation en mars 2015 en Tanzanie suivie de son extradition en Ouganda, « Jamil Mukulu n’a jamais répondu aux questions du juge », révèle le journaliste et écrivain congolais Nicaise Kibel-Bel Oka, spécialiste de la question ADF.
« J’espère qu’on ne peut rien attendre au niveau de la RDC parce que lorsque Jamil Mukulu a été arrêté, il a été présenté au juge et Jamil n’a jamais répondu aux questions. Le juge a tenté de le rassurer en lui disant tu es chez toi, sois à l’aise, dis-nous ce que tu sais. Jamil a répondu : « je ne suis pas ougandais, je ne peux être à l’aise que lorsque je serai au paradis. Mon pays c’est l’islam et mon chef c’est Allah ». Et depuis ce temps, Jamil n’a jamais pu parler. On l’a retourné en prison ».
L’ouverture de son procès par la Division des crimes internationaux de la Haute Cour de Kampala, est perçue comme sans importance pour la RDC, parce que, d’après l’écrivain Nicaise Kibel-Bel, auteur du livre : « L’Avènement du Jihad en RDC : un terrorisme islamiste mal connu », publié en novembre 2016 aux éditions Scribes en Belgique, Jamil Mukulu a perdu toute influence sur le mouvement.
« Espérons que cette fois-ci il va parler, mais il va dire quoi? Aujourd’hui, l’extension des ADF MTM dépasse de loin Jamil Mukulu parce qu’une fois arrêté, il a été remplacé par Moussa Baluku et tous ceux qui étaient proches de Jamil Mukulu comme Benjamin Kisokero ont pratiquement, ont perdu leur influence. Même les enfants Jamil ont perdu leur influence. Et le MTM a fait allégeance à l’état islamique sans Jamil Mukulu. Donc il n’y a rien à espérer sur le terrain », affirme-t-il dans un entretien téléphone avec La Voix de l’UCG.
Agé de 61 ans, le Chef rebelle Jamil Mukulu était au départ chrétien pratiquant avant de se convertir à l’islam. Avec une formation théologique intense au Pakistan, au Soudan et en Arabie saoudite, il adhère au mouvement Tabligh, un mouvement rigoriste venu d’Inde. Très politisé, le mouvement musulman ougandais s’est déchiré au début des années 90, et beaucoup se sont sentis écartés du pouvoir.
Jackson Sivulyamwenge
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