RDC : le Pr. Héritier Nsenge, expert en IA, alerte sur les limites de son usage dans la correction des Examens d’État

RDC : le Pr. Héritier Nsenge, expert en IA, alerte sur les limites de son usage dans la correction des Examens d’État
L’utilisation des algorithmes de l’intelligence artificielle (IA) dans la correction des épreuves de l’examen d’État en République démocratique du Congo est une innovation salutaire dans le domaine éducatif. C’est la satisfaction du professeur Père Héritier Nsenge Mpia, enseignant attaché au département d’Informatique à l’Université de l’Assomption au Congo (UAC), exprimée ce lundi 4 août 2025. Il invite au même moment le gouvernement à adapter les algorithmes aux options des élèves pour éviter le pire.
Au cours d’un entretien avec La Voix de l’UCG, le docteur en intelligence artificielle, Héritier Nsenge Mpia, a indiqué que cet outil informatique est de plus en plus utilisé dans plusieurs domaines de la vie sociale. Il cite entre autres tous les services administratifs, surtout éducatifs. Pour lui, l’intelligence artificielle joue un rôle de majoration de l’intelligence humaine, en dépit de certaines limites qu’elle présente. Il évoque plusieurs avantages que représente l’intelligence artificielle pour les utilisateurs, dont l’augmentation de leur intelligence.
« Il y a une grande innovation dans le secteur éducatif, parce que l’IA, comme technologie, est utilisée dans plusieurs secteurs. Aujourd’hui, le secteur qui l’utilise le plus, je peux dire que c’est le secteur administratif, surtout l’éducation, avec tout ce qui est comme systèmes que nous avons aujourd’hui. Ça arrive à alléger la tâche aussi bien aux enseignants qu’aux étudiants, ou bien aux apprenants. L’IA permet que nos activités académiques et scolaires soient ce que moi j’appelle majorées. J’ai un article, là, que j’ai publié, qui s’intitule “De l’intelligence naturelle à l’intelligence artificielle”, où je montre que l’IA peut nous aider à augmenter notre intelligence. Lorsqu’on travaille avec l’IA, on produit rapidement et facilement », explique le professeur.
En saluant l’innovation dans l’évaluation de l’EXETAT, le professeur Père Héritier Nsenge pense que les algorithmes devraient préalablement être adaptés aux options organisées par les écoles de la RDC. Cela devrait éviter une confusion dans l’utilisation de l’intelligence artificielle.
« Si on s’attelait à ce que l’évaluation d’un travail se fasse à partir de certains principes et normes académiques établis, d’abord au sein de l’école et aussi au sein de la communauté scientifique, je pense que ces mêmes normes-là, ces mêmes principes, on peut les inférer dans les machines, et les machines peuvent suivre ces normes-là et même nous produire des résultats à temps record. Il faut savoir : est-ce que l’outil que nous utilisons est adapté à ces évaluations ? Si on arrive à personnaliser cet outil-là pour des principes — parce que la façon d’apprécier un travail de littérature ne serait pas la façon d’apprécier un travail en ingénierie, par exemple — alors tous ces principes-là, toutes ces normes doivent être considérées », ajoute-t-il.
Tenez, le ministère de l’Enseignement en République démocratique du Congo a annoncé l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la correction des épreuves de l’EXETAT édition 2025. Ce qui justifie d’ailleurs la publication précoce des résultats, dimanche 3 août 2025, des épreuves de l’Examen d’État dans les zones éducatives de Kinshasa Mont-Amba, Kasaï-Oriental 1 et Haut-Katanga 1. Le taux de réussite enregistré dans ces provinces éducationnelles est de 72 %.
Glodi Mirembe
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