Piratage des comptes WhatsApp : le Professeur Héritier Nsenge appelle à « ne pas cliquer sur les liens d’origine inconnue »

Aucun compte WhatsApp, Facebook ou autre réseau social ne peut être piraté sans qu’une action ne soit initiée par son propriétaire. C’est ce qu’affirme le Père Professeur Héritier Nsenge, docteur en intelligence artificielle et enseignant au département d’informatique de l’Université de l’Assomption au Congo (UAC). Il appelle les utilisateurs des réseaux sociaux à faire preuve de prudence, notamment en évitant de cliquer sur des liens provenant de sources inconnues.
Dans un entretien exclusif accordé à La Voix de l’UCG, le Père Professeur Héritier Nsenge explique que le piratage de compte résulte souvent d’une action de la part de l’utilisateur lui-même, conscient ou non. Selon lui, si aucune action n’est engagée par l’utilisateur, un compte ne peut pas être piraté. C’est par exemple en cliquant sur un lien suspect qu’un utilisateur s’expose à un piratage.
« Un des principes que j’aime beaucoup en sécurité informatique, c’est la non-répudiation. En général, on énumère cinq grands principes : la confidentialité, la disponibilité, l’intégrité, la non-répudiation et l’authentification. Moi, j’aime souvent faire allusion à la non-répudiation. Qu’est-ce que cela signifie ? Lorsqu’une action est menée dans un système numérique, cette opération ne peut être niée, ni par celui qui l’a initiée, ni par celui qui la reçoit. L’émetteur ne peut pas nier avoir déclenché l’action, et le récepteur non plus, si cette action s’est bel et bien produite. Alors, si un jour tu te réveilles et tu découvres que ton compte bancaire ou ton compte Facebook a été piraté, cela signifie que, d’une manière ou d’une autre, tu as toi-même initié une action. Peut-être de manière inconsciente, peut-être par ignorance. Mais quelqu’un de l’extérieur ne peut pas directement accéder à ton système», explique le Professeur.
Pour limiter ces piratages, le spécialiste en intelligence artificielle recommande une vigilance accrue dans l’usage des réseaux sociaux. Les utilisateurs doivent impérativement éviter d’ouvrir les liens suspects ou envoyés par des inconnus.
« Moi, j’ai commencé à utiliser mon compte Facebook depuis 2003. Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai jamais été piraté. Pour tout ce qui est comptes, j’en ai plus de 10, même des adresses e-mails, et je n’ai jamais été piraté. Je maintiens ce que j’ai dit : cet argument-là tient debout. La plupart des gens qui, entre guillemets, disent qu’ils ont été piratés, ce sont des personnes qui, d’une manière ou d’une autre, ont cliqué sur un lien. Et pourtant, personne ne vous oblige à cliquer. Mais certains pensent que cliquer sur un lien n’a pas de conséquence, alors qu’ils n’ont aucune certitude sur son origine. Ce sont des personnes qui mériteraient une conscientisation préalable, pour leur dire qu’on ne clique pas n’importe comment. Avant de cliquer, il faut d’abord se poser des questions : ce message vient d’où ? Tu ne connais pas, par exemple, une entreprise X, et pourtant elle te demande de fournir des informations sensibles. Et toi, tu cliques… La plupart du temps, cela arrive dans des cas comme : clique ici pour recevoir des mégas, ou bien tu auras de l’argent, ou encore ‘Envoie ce message à 10 personnes et tu recevras une récompense », rappelle-t-il.
En République démocratique du Congo, de nombreux comptes sont aujourd’hui piratés, notamment sur WhatsApp et Facebook, par des individus mal intentionnés souvent à la recherche d’arnaques.
Glodi Mirembe
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