Guerre M23 : les produits agricoles de Rutshuru vendus à bas prix peinent à être évacués vers les centres de consommation

Produire en abondance pour vendre au prix le plus bas, c’est la grande difficulté à laquelle sont confrontés les agriculteurs des zones sous occupation du M23, en particulier ceux du territoire de Rutshuru, qui bénéficient de l’accompagnement technique de la Coopérative Centrale du Nord-Kivu (COOCENKI). Même après la vente à bas prix, les produits agricoles peinent à être évacués vers les centres de consommation à cause de la hausse des prix du transport.
D’après les explications de Baylon Katsongo, directeur de la COOCENKI, même si une partie de la population a fui à l’arrivée des rebelles du M23, certains habitants sont restés dans leurs localités. Grâce à leur résilience, ils continuent à produire, mais ils manquent de marché.
« Nombreux n’avaient pas fui, ils sont restés dans leurs villages pour continuer à vaquer à leurs activités champêtres. Ils produisent, mais le problème créé par cette guerre, c’est qu’après avoir produit, ils manquent d’acheteurs qui peuvent prendre leurs produits. Cela impacte directement le prix des produits agricoles sur le marché, parce qu’il n’y a pas d’acheteurs. Au final, c’est l’agriculteur qui en souffre », déplore-t-il dans un entretien avec La Voix de l’UCG.
Jadis vendu au prix de 30 dollars, un sac de grains de maïs se vend actuellement entre 13 et 15 dollars américains. Malheureusement, déplore Baylon Katsongo, les produits agricoles sont difficilement évacués vers les centres de consommation à cause de la hausse des prix du transport.
« Le prix du transport dans un camion a été énormément revu à la hausse, parce qu’un seul sac de maïs pour quitter de Nyamilima à Goma est passé de 4 à 15 dollars et de Kiwanja à Goma de 3 à 12 dollars américains. Quand un chauffeur de camion se retrouve seul dans un village, il vous impose son prix élevé », ajoute le directeur de la COOCENKI.
Depuis mars 2022, le territoire de Rutshuru est occupé par le M23, avec un impact considérable sur les programmes agricoles en cours dans cette zone. La Coopérative Centrale du Nord-Kivu assure l’accompagnement technique des agriculteurs regroupés dans les organisations paysannes de base, à travers le Projet d’Appui au Secteur Agricole au Nord-Kivu (PASA-NK) dans sa filière maïs.
Jackson SIVULYAMWENGE
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