Sécurité

Nord-Kivu : guerre du M23, la société civile de Lubero s’oppose à la trêve humanitaire et appelle le gouvernement à s’assumer

La prolongation de la trêve humanitaire dans la zone de guerre entre les FARDC et les M23 est une provocation contre la population des territoires qui subissent ce conflit armé. C’est en tout cas ce que pense monsieur Muhindo Tafuteni, président de la société civile forces vives en territoire de Lubero. Selon lui, si le gouvernement ne lance pas une offensive contre les M23, la population sera mobilisée pour pousser l’État à l’action. Nous en parlons avec Ismael Kabuyaya.

S’interrogeant sur le mécanisme emmenant les États-Unis à décréter une trêve dans cette guerre, monsieur Muhindo Tafuteni se dit choqué par cette nouvelle trêve. Celui-ci rappelle notamment que durant cette trêve, les déplacés de guerre n’ont pas été assistés et il est donc inopportun de décréter cette trêve et l’armée doit s’assumer.

 

« Pour nous, c’est un grand regret que nous appelons même une provocation contre la population des zones qui subissent cette guerre. Qui a signé que cette guerre puisse être là pour qu’elle puisse encore s’arrêter ? Qui est arbitre et qui est joueur ? Qui est qui dans cette guerre ? Pour la population du territoire de Lubero, on attendait uniquement les offensives de la part du gouvernement et non cette prorogation de la trêve. Nous n’acceptons plus que notre gouvernement accepte cette trêve, il doit s’assumer, cette trêve ne nous favorise en rien. Des milliers de déplacés sont en train de souffrir et personne ne les assiste malgré cette trêve, nous pensons que c’est une pure distraction. Et si le gouvernement ne s’assume pas, nous allons appeler la population à des grandes actions pour que le gouvernement s’assume » prévient le président de la société civile du territoire de Lubero.

Rappelons que la trêve humanitaire de deux semaines décrétée depuis le 5 juillet dernier a été prolongée pour 15 jours supplémentaires à partir de ce vendredi 19 juillet 2024. La mesure de prolongation a été prise d’un commun accord entre les autorités de la RDC et du Rwanda, sur proposition et approbation des États-Unis d’Amérique. Dans le communiqué rendu public mercredi 17 juillet 2024 annonçant la prolongation de 15 jours supplémentaires de la trêve humanitaire dans la province du Nord-Kivu, les USA disent suivre de près les allégations de violation de la trêve.

Ismaël Kabuyaya

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