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Oïcha : la population ne dort plus sur ses deux oreilles depuis la résurgence des attaques des ADF

 Depuis la résurgence des attaques sanglantes revendiquées par les terroristes islamistes des ADF, affiliés au groupe État islamique, dans la région de Beni au Nord-Kivu, la population de la nouvelle ville d’Oïcha accentue sa vigilance communautaire. Cet engagement est salué par le bourgmestre adjoint de cette ancienne commune rurale encore en fonction.

Cette vigilance se traduit par la remontée en temps réel des alertes de la population aux autorités sécuritaires, ainsi que par l’organisation de veillées nocturnes à l’intérieur comme à l’extérieur d’Oïcha. Dans une interview accordée à notre rédaction, le bourgmestre adjoint de cette ancienne municipalité estime que cette attitude, conjuguée au renforcement des dispositifs sécuritaires dans et autour de la ville, contribue à réduire la menace qui pèse sur l’entité.

Jean de Dieu Kibwana insiste toutefois pour que cette relative accalmie ne soit pas une source de relâchement. Il rappelle qu’Oïcha reste proche de Vemba, Kididiwe et d’autres localités actuellement confrontées à l’activisme des ADF. Écoutons-le :

« Nous avons appelé la population de la commune d’Oïcha à la vigilance. Voyez, l’ennemi est en train de rôder autour de nous. Quand nous parlons des milieux qui nous entourent, nous parlons de localités situées à seulement quelques kilomètres, notamment Vemba et Kididiwe. On peut même aller jusqu’à Mayangose. Toutes ces zones ne sont pas loin de la commune d’Oïcha. C’est pourquoi nous demandons encore une fois à la population de renforcer la vigilance. Dès que vous observez un mouvement suspect ou une personne inhabituelle, il faut immédiatement en informer les services de sécurité afin qu’ils interviennent rapidement. Nous sommes très satisfaits de constater que, pour le moment, la population est très vigilante. Nous devons continuer à collaborer avec les services de sécurité afin que, tous ensembles, nous puissions barrer la route à l’ennemi qui rôde autour de nous. »

Au cours du mois de mai, les ADF ont été responsables d’au moins 36 attaques ayant causé la mort de plus de 190 civils. Ces violences, qui ont plus que triplé par rapport au bilan enregistré en avril, se sont concentrées principalement dans les territoires de Beni, Mambasa et Irumu.

Ces statistiques sont contenues dans un rapport publié le mardi 16 juin par le Baromètre sécuritaire du Kivu (Kivu Security Tracker – KST) et consulté par La Voix de l’UCG lors de sa publication.

Elisha Kindy et Bradeau Victor Nganga

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