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RDC/Mbuji-Mayi : intervenant au 1er Congrès d’Etudes congolaises, l’Assistant Kisughu Mathekis appelle à appuyer le livre

En séjour à Mbuji-Mayi, dans le Kasaï-Oriental, où il participe au Premier Congrès d’Etudes congolaises, l’Assistant Mathe Kisughu, écrivain congolais de Butembo et  enseignant à l’Institut Supérieur pédagogique de Muhangi, a lancé un appel en faveur du soutien au livre et aux hommes de lettres en République démocratique du Congo. Ces assises scientifiques de quatre jours, officiellement ouvertes le mardi 26 mai 2026, sont organisées conjointement par les universités de Lubumbashi, Kinshasa et Kisangani, en collaboration avec la Société des historiens congolais, sous l’égide de l’Académie Congolaise des Sciences.

Placée sous le thème : « Demain le Congo du troisième millénaire : conscience historique et devenir de la nation », cette première édition  vise à engager une réflexion approfondie sur le développement de la RDC et son rayonnement au cœur de l’Afrique. Les travaux ambitionnent notamment de contribuer à la production d’outils nécessaires à l’élaboration du plan décennal de développement du pays.

Parmi les intervenants, l’Assistant Mathe Kisughu, connu dans le milieu littéraire sous le nom de Charlie Mathekis, a axé sa communication sur : « La littérature comme levier de développement socioculturel : entre contraintes et potentialités transformatrices, le cas de Butembo au Nord-Kivu ».

Dans son exposé, l’écrivain a remis en question l’idée selon laquelle le développement ne dépendrait que des sciences dites concrètes et des techniques. Selon lui, le véritable progrès doit reposer sur une éducation intégrale de l’homme.

« La littérature projette une utopie et pousse à l’autocritique grâce à l’esthétique des mots et à leur contenu contextuel. Elle peut conduire à l’action et contribuer au développement de la société », a-t-il expliqué, faisant référence aux réflexions du professeur Kasereka Kabwahirehi dont il a analysé certains travaux.

L’intervenant a également souligné le rôle essentiel de la littérature dans la conservation de la mémoire collective, la transmission des traditions et la dénonciation des injustices sociales. Pour lui, les œuvres littéraires participent au renforcement de l’identité culturelle et constituent un véritable catalyseur de changement.

Cependant, Mathe Kisughu déplore plusieurs obstacles qui freinent l’essor du livre en RDC. Il cite notamment le manque de l’appui de l’État au secteur culturel, l’insuffisance des moyens de diffusion des œuvres ainsi que l’absence d’une politique efficace de promotion de la lecture dans les écoles.

« Beaucoup considèrent encore la littérature comme une affaire réservée aux élites, surtout lorsqu’elle est écrite dans des langues étrangères. Pourtant, même parmi les intellectuels, la culture de la lecture reste faible », a-t-il regretté.

Malgré ces difficultés, l’écrivain estime que les opportunités demeurent nombreuses. Il affirme que l’urgence de donner la parole aux oubliés pousse plusieurs passionnés à écrire et à documenter les réalités sociales congolaises.

S’appuyant sur une recherche menée à Butembo et à Kinshasa à travers des interviews et des analyses thématiques d’œuvres littéraires, il a adopté une approche sociologique mettant en relation la société et la chaîne du livre, notamment les écrivains, éditeurs, libraires et lecteurs.

C’est ainsi qu’il a lancé un vibrant appel en faveur de l’accompagnement des auteurs et de la promotion du livre en RDC.

« Nous avons lancé donc un appel vibrant à partir de notre article, un appel à appuyer les hommes de lettres pour autant que la résilience, la résistance, un regard positif, l’union, la lutte contre les antivaleurs sont des thèmes qui, découverts grâce aux œuvres de Butembo et de tout le pays, peuvent déboucher sans faille sur un développement holistique avéré.

Les travaux, qui se tiennent en panels, s’articulent autour de trois grandes sessions : politique, académique et thématique. Les exposés tournent au tour de cinq axes majeurs :

  1. Aujourd’hui le Congo : population, héritage du passé et enjeux du présent ;
  2.  Savoir, pouvoir et avoir au service de la société ;
  3.  Le Congo de demain : organisation de l’État et de la cité ;
  4. Le Congo de demain face aux enjeux de l’économie mondiale ;
  5. Le Congo dans les relations internationales : enjeux et défis géopolitiques.

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