
Depuis la déclaration de la 17ème épidémie de la maladie à Virus Ebola en Ituri, qui s’est ensuite rependue sur les provinces du Nord et Sud-Kivu, une forte résistance s’accroît sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et WhatsApp. Certains internautes vont jusqu’à proférer des messages contenant des menaces de mort contre les équipes engagées dans la riposte contre cette maladie virale. Pourtant, en RDC, le numérique n’est plus un espace de non-droit, rappelle le chef des travaux Umbo Salama, journaliste, chercheur en médias sociaux également enseignant en Faculté des sciences de l’information et de la communication de l’Université de l’Assomption au Congo (UAC).
En date du 22 mai, sur le réseau social TikTok, le compte de l’influenceur Konde Nande a publié une vidéo devenue virale, arguant que la maladie à virus Ebola était une invention des « Eliminatie ». Il a conclu en promettant la mort à tout médecin impliqué dans la riposte, avant de présenter des excuses deux jours plus tard, à la suite des poursuites lancées contre lui.
Une semaine plutôt tôt, toujours sur TikTok, un autre influenceur du nom de Sivisombwere avait publié une vidéo similaire dans laquelle il appelait à la résistance contre les équipes médicales.
Dans une interview accordée à La Voix de l’UCG, le chercheur Umbo Salama explique qu’en vertu du nouveau code sur le numérique, les médias sociaux sont désormais considéré comme un espace public où peuvent se commettre des infractions punissables par la loi, telles que l’injure publique, la diffamation et d’autres infractions répréhensibles par la législation en vigueur.
« La loi sur le numérique, c’est la réadaptation des anciens codes dans le nouvel espace public qu’est le numérique. Donc, il faut faire beaucoup attention quand vous publiez. Et quand vous publiez un contenu sur la toile, il faut l’assumer. Désormais, on est civilement responsables des messages publiés par-ci par-là », prévient-il.
Qu’en est-il de ceux qui ne font que partager des contenus trouvés sur Internet ? « À ce niveau, on est considéré aussi comme une source de diffusion », répond le chercheur.
« Ceux qui vont vous lire auront comme source vous-même. Vous serez considéré comme appartenant à la file de ceux qui partagent un faux message. Vous serez considéré comme appartenant à une association de malfaiteurs, ce qui constitue une infraction pénale. Si quelqu’un publie un message à caractère dénigrant ou appelant à une action de résistance, vous serez pris comme une personne ayant adhéré à cette idéologie », insiste le chercheur.
Ainsi, appelle-t-il à une prise de conscience, à l’éthique ainsi qu’au respect des valeurs morales, civiques et patriotiques. Il invite également à ne publier que des messages dont la véracité et le sérieux sont établis afin d’éviter de tomber sous le coup d’infractions punissables par la loi.
Elisha kindy
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