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Réformes électorales en RDC : le politologue Muhesi augustin met en garde contre une mise en œuvre précipitée

À deux ans de l’organisation des élections en République démocratique du Congo, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a remis à l’Assemblée nationale un rapport proposant de revoir les fondements du calcul électoral. Plusieurs chantiers majeurs y sont abordés, notamment l’élargissement du vote aux Congolais de l’étranger, la participation des déplacés internes, la promotion de la représentation féminine ainsi que la limitation du cumul des candidatures. Pour le politologue Kahindo Muhesi Augustin, chercheur en gouvernance politique et expert en communication politique, professeur d’université dans l’Est de la RDC, il est nécessaire d’interroger le cadre de mise en œuvre de ces réformes au regard des défis politiques, logistiques et sécuritaires.

Bien qu’il se montre globalement prudent, le chercheur salue la proposition visant à limiter le cumul des candidatures. Selon lui, cette mesure pourrait contribuer à lutter contre le népotisme et le clientélisme, des pratiques qui, d’après lui, ne favorisent pas la tenue d’élections crédibles dans le pays.

S’agissant de l’élargissement du vote aux Congolais de l’étranger, il émet des réserves :
« Les ambassades ne sont pas suffisamment organisées. Elles reflètent les dysfonctionnements de l’administration nationale. Il n’est donc pas certain qu’un tel élargissement garantisse la transparence du processus électoral. Tant que l’organisation des élections à l’interne pose problème, il serait imprudent de les étendre à l’extérieur, surtout au regard des défis logistiques et sécuritaires », explique-t-il.

Concernant la participation des déplacés internes, Kahindo Muhesi Augustin souligne également des préoccupations liées au contexte sécuritaire et à l’absence d’un système fiable d’identification :
« Le pays ne dispose pas d’une politique solide en matière de recensement. Si l’Office national d’identification des Congolais disposait d’un fichier fiable, cela faciliterait la participation même des déplacés. Mais la question reste de savoir si les élections peuvent être organisées dans un pays dont certaines zones sont sous occupation. Dans ces conditions, il est difficile de garantir un scrutin véritablement national », précise-t-il.

Par ailleurs, le rapport de la CENI prévoit des mesures en faveur de la représentation féminine. Les femmes candidates sont désormais exemptées de caution financière, une initiative visant à réduire les barrières à leur participation au processus électoral.

ELisha Kindy

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