Butembo : reprise timide des cours dans les écoles publiques, les enseignants dénoncent des intimidations
Les activités scolaires reprennent timidement et sur fond d’indignation ce lundi dans l’ensemble des écoles publiques de Butembo, au Nord-Kivu. Plusieurs enseignants interrogés affirment avoir regagné leurs postes non pas de leur plein gré, mais sous la contrainte d’intimidations qu’ils attribuent aux autorités éducatives, notamment au directeur provincial de l’enseignement (PROVED).
Au cours d’une ronde effectuée dans plusieurs établissements scolaires, notamment à l’école primaire Tsakatsaka, les élèves et les enseignants ont été retrouvés en pleine activité pédagogique, chacun dans sa classe. Une situation similaire a été observée à l’école primaire Katsya ainsi qu’aux EP Masikulisano et Kamusonge.
Le constat s’est également étendu à plusieurs écoles situées dans la vallée de Kavaghendi, notamment dans les localités de Nyamusigha et Kyambuli, où les activités scolaires ont également repris, bien que dans un climat jugé préoccupant. Certains enseignants rencontrés sur place dénoncent la pression dont ils auraient été victimes de la part des autorités.
« Nous ne devons pas vivre sous les intimidations du PROVED. Qu’il nous paie le salaire du mois d’avril sans retard. Nous avons besoin de notre argent », ont-ils déclaré.
Nous avons aussi visité les écoles œuvrant dans la vallée de Kavaghendi, au quartier Kambali. Les élèves étaient présents, mais dans certaines classes, les enseignants étaient absents. Une autre enseignante rencontrée dénonce une forme de manipulation :
« Nous sommes ici parce que nous avons été intimidés par les autorités. Nous ne devrions pas être en classe, surtout que nous sommes très proches de leurs bureaux, ce qui nous expose davantage. »
Par ailleurs, il ressort que les écoles qui fonctionnent de manière relativement stable sont en majorité des établissements conventionnés, notamment ceux gérés par des congrégations religieuses, selon une enseignante. D’après elle, ces écoles ont mis en place un système de contribution mensuelle des parents, estimée à environ 5 dollars par élève. Cette caisse permet de soutenir partiellement les enseignants en cas de retard de paiement des salaires par l’État, une affirmation qui n’a pas encore été vérifiée par La Voix de l’UCG.
Ainsi, malgré une reprise effective des cours dans plusieurs écoles publiques, le climat reste marqué par des revendications salariales et un malaise persistant au sein du corps enseignant.
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