
Les cours n’ont pas repris comme prévu ce lundi 13 avril 2026 dans plusieurs écoles primaires publiques et conventionnées de la ville de Butembo. En cause : une grève des enseignants qui réclament le paiement de leurs primes pour la période allant de mars à avril 2026. Certaines écoles qui souhaitaient dispenser les cours ont finalement renvoyé les apprenants à la maison quelques instants après leur arrivée. Le corps enseignant reste divisé entre la volonté de reprendre les cours pour sauver l’année scolaire et celle de poursuivre le mouvement de grève.
Dans l’une des écoles que nous avons visitées, le directeur a donné des orientations à suivre durant cette période de contestation. En pleine parade, les enseignants semblaient être en accord avec le responsable scolaire, considérant qu’il s’agit du troisième et dernier trimestre de l’année scolaire 2025-2026.
À l’issue de cette séance, les enfants ont été conduits dans leurs classes respectives. Si certains enseignants encadraient les élèves aux premières heures de la journée, d’autres se sont regroupés dans la cour pour discuter du mot d’ordre lancé par le syndicat. Dans toutes les écoles fonctionnant sur le site par exemple de Tsakatsaka, les professionnels de la craie sont partagés entre la nécessité de poursuivre les enseignements pour ne pas perturber la fin de l’année et le besoin de faire entendre leurs revendications.
Plusieurs enseignants affirment avoir choisi de continuer à travailler afin de ne pas anéantir les efforts déjà consentis depuis le début de l’année. « il ne reste que deux mois avant la fin de l’année », lancent certains enseignants dans une école que nous avons visitée, précisant que « les examens devraient débuter autour du 14 juin ».
Malgré les tensions syndicales, ils insistent sur leur volonté de ne pas abandonner les élèves à cette période jugée cruciale : « nous préférons exprimer notre indignation tout en continuant à dispenser les cours », ajoute un autre enseignant.
Pour tenter de nous persuader, certains rappellent que, traditionnellement, les activités scolaires ne sont pas toujours effectives le premier jour d’une reprise. Ils espèrent une reprise normale des cours ce 14 avril.
Dans les faits, cette situation a conduit à une certaine confusion : la majorité des élèves ont finalement été renvoyés à la maison dès 10 heures. Les cours n’ont pas été effectifs dans plusieurs autres écoles que nous avons visitées à travers la ville de Butembo.
Les professionnels de la craie réunis au sein du Syndicat des enseignants du Congo (SYECO), section de Butembo, ont décidé de boycotter la reprise des cours. Ils motivent leur décision par le non-paiement de leurs salaires des mois de mars et avril 2026 par le gouvernement congolais.
Réunis ce lundi au bureau du SYECO, sis à Kitulu, les enseignants ont conditionné la reprise des cours par la prise en compte de leurs revendications par les autorités. Benito Mughaso est le secrétaire exécutif du SYECO Butembo.
Alors que l’année scolaire tire à sa fin, enseignants et syndicalistes se retrouvent face à un dilemme : concilier les revendications sociales et la nécessité d’assurer la continuité de l’éducation.
Les enseignants n’ont pas, jusqu’à présent, le petit salaire du mois de mars. Voyez que ça exagère avec cette façon de faire. Ce système est un système qui est en train de tuer petit à petit l’enseignant. Alors l’enseignant est vraiment à bout de souffle et dit qu’il ne peut plus continuer à croupir dans cette misère, en train d’attendre et d’attendre les miettes qui viennent chaque mois, et ces mêmes miettes-là ne viennent pas. C’est pourquoi les enseignants sont venus aujourd’hui pour une évaluation de la grève.Ils réitèrent leur mode de grève. Ils disent non, ils ne peuvent plus aller à l’école. À partir d’aujourd’hui, ils viennent de concrétiser par la présence ici au siège du SYECO qu’ils ne peuvent pas aller à l’école, et réellement ils sont nombreux. Chers camarades, allez-vous aller à l’école ? Non ! (réponse de la foule). Vous voulez qu’on nous paie le salaire de quel mois et de quel mois ? Mars et avril ! (réponse de la foule) »
Alors que l’année scolaire tend à sa fin, enseignants et syndicalistes se retrouvent face à un dilemme : concilier les revendications sociales et la nécessité d’assurer la continuité de l’éducation.
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