
L’entrepreneuriat ne cesse de lutter contre le chômage dans la ville de Butembo, où plus de 60 entreprises sont créées chaque mois. C’est ce que révèle un travail de recherche de Diplôme d’études approfondies (DEA), mené sur une période de cinq ans (2020-2025) et défendu en février 2026 par KavugheWasingya Dieu-Merci, en faculté des sciences économiques de l’Université Catholique du Graben (UCG/Butembo). L’impétrant soutient que le développement de Butembo repose sur ces initiatives de la population.
Dans son travail intitulé « L’auto-organisation économique et développement de la ville de Butembo », le chercheur est parti du constat selon lequel la population de Butembo parvient à satisfaire ses besoins grâce à l’entrepreneuriat. Ensuite, il analyse l’économie informelle née d’une auto-organisation, une pratique adoptée par la plupart des jeunes entrepreneurs de la ville dans presque tous les domaines de la vie sociale : commerce, tontines, microfinance, entre autres.
Après avoir étudié l’esprit entrepreneurial à Butembo, l’étudiant Kavughe Wasingya révèle qu’en moyenne, 66 entreprises y sont créées chaque mois.
« Nous avons examiné l’esprit entrepreneurial en ville de Butembo. Nous avons trouvé qu’en moyenne, 66 entreprises sont créées mensuellement en ville de Butembo. Cette étude a porté sur 5 ans, donc à partir de 2020 jusqu’à 2024. Cet esprit a été analysé en considérant l’intervention du privé dans l’éducation, dans la santé ; cette notion a été comparée avec les structures étatiques qui se retrouvent dans ces domaines. Pour cela, nous avons utilisé le taux moyen de croissance annuel pour les écoles primaires, pour les écoles maternelles et pour les écoles secondaires. Dans les structures privées, le taux de croissance annuel moyen varie entre 11 % et 13 %, alors que pour l’État, ce taux ne varie qu’entre 2 % et 3 % ».
Le chercheur a également démontré que l’habitat est un facteur de développement, avec un taux de construction de maisons évalué annuellement à 14 % à travers différentes communes de la ville. Cependant, l’État congolais, déplore le chercheur, ne joue pas son rôle de sécurisation des entrepreneurs et ne leur octroie pas de subventions.
En conséquence, les entrepreneurs développent des stratégies pour contourner les mesures des autorités. Il conseille à l’État d’accorder un allégement fiscal aux entrepreneurs afin de favoriser la création d’emplois pour un meilleur développement de Butembo.
« Par exemple, on ne se sent pas trop soutenu et comme on nous demande beaucoup de charges, on sera obligé de camoufler certaines opérations. Il faut que l’État essaie de formaliser certaines structures, surtout en allégeant certaines contraintes qui sont du côté de ces entrepreneurs. On peut parler clairement des taxes. Évidemment, on voit comment on peut soutenir ces petites entreprises plutôt que de les étouffer ».
Il faut savoir qu’à Butembo, de nombreux jeunes ne cessent de créer de petites entreprises. Ils sont majoritairement présents dans le commerce de vêtements, de chaussures, d’automobiles et même dans le secteur des cliniques de beauté. Leur objectif principal est d’atteindre l’indépendance financière.
Glodi Mirembe
Partager:



