ActualitéSécurité

Guerre du M23 : les sanctions américaines ne seront efficaces que si les concernés ont des avoirs aux USA (Nicaise Kibel’bel Oka)

Les nouvelles sanctions américaines contre l’armée rwandaise (RDF), ciblant particulièrement des hauts officiers, constituent un avertissement aux autres pays collaborateurs du Rwanda dans l’instabilité sécuritaire de la partie Est de la RDC. Toutefois, elles ne seront efficaces que si les condamnés possèdent des avoirs aux États-Unis. C’est l’analyse de Nicaise Kibel’Bel Oka, journaliste d’investigation congolais et auteur de plusieurs ouvrages sur le plan de balkanisation de la RDC.

La décision du Bureau américain de contrôle des avoirs étrangers  est motivée par le soutien opérationnel direct apporté par Kigali au mouvement M23 et à ses alliés dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Selon Thomas Pigott, l’un des porte-parole du Département d’État,C’est le soutien continu de l’armée rwandaise et de sa haute hiérarchie qui a permis au M23 de s’emparer de territoires souverains de la RDC et de poursuivre ces exactions.

Dans une interview accordée  à La Voix de l’UCG, le journaliste d’investigation Nicaise Kibel Bel Oka indique que  cette sanction a au premier plan un caractère pédagogique.

« Toutes sanctions qui a pour objectif de faire taire ceux qui prennent des armes, ceux qui instabilisent la région doit être applaudit. Une sanction a au premier plan une valeur prélogique et dissuasive pour décourager les autres ».

Cependant poursuit le journaliste, pour que cette sanction soit efficace, il faut que tous les sanctionnés aient des comptes bancaires aux États-Unis.

« En ce moment-là, les comptes sont bloqués et l’entourage comprend que le danger et éminent et permanent. Mais nous aurions souhaité que le cercle le plus proche du président Rwandais en commençant par lui et sa famille soit sanctionné. Toutefois, nous saluons  la mesure mais nous demandons aux autorités congolaises de continuer le plaidoyer pour arriver à mettre fin à la guerre » explique-t-il

La radio France internationale notre source revient sur le rôle que  chaque officier supérieur sanctionné a joué dans la guerre de l’est de la RDC. Le premier, Mubarakh Muganga,le chef d’état-major général des armées du Rwanda. Il a 30 ans de carrière, et a été formé au pays, en Égypte, en Chine. Avant juin 2023, il commandait l’armée de terre. C’est là, dit Washington, qu’il a planifié et commandé les opérations rwandaises dans l’est de la RDC.

Vincent Nyakarundi, qui est chef d’état-major de l’armée de terre aujourd’hui. Cet officier aguerri a notamment commandé un contingent rwandais lors de la Mission de l’Union africaine au Soudan, en 2004. Selon Washington, ses forces terrestres ont conduit des opérations directes en soutien au M23.

Troisième nom, Ruki Karusisi, le commandant de la 5e division d’infanterie et ancien patron des forces spéciales rwandaises. C’est à ce titre, précise Washington, qu’il a supervisé des opérations en faveur du M23. Il était déjà sanctionné par l’Union européenne depuis mars 2025. Pour Bruxelles, il est responsable d’entretenir le conflit, l’instabilité et l’insécurité dans l’est de la RDC.

Le quatrième, Stanislas Gashugi, a remplacé Karusisi à la tête des forces spéciales rwandaises le 15 mars 2025.

Le gouvernement Rwandais a dans un communiqué en réponse  aux sanctions américaines  dénoncé le fait que ces sanctions « ciblent injustement une seule partie au processus de paix, déforment la réalité et altèrent les faits du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo ».

ElishaKindy

Partager:

Articles connexes

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page