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Butembo-Lubero : les membres de la sous-conférence des chefs d’établissements de l’ESU assistent les déplacées de guerre et lance un message fort pour la paix    

Les établissements d’enseignement supérieur et universitaire de Butembo et Lubero connaissent chaque année une importante déperdition des effectifs des étudiants ainsi qu’un taux élevé d’insolvabilité pour ceux qui persistent à terminer leurs études. Conséquence de la persistance de l’insécurité dans la partie dite Grand-Nord de la province du Nord-Kivu. Ceci ressort du mémorandum de la sous-conférence des chefs d’établissements de l’ESU Butembo-Lubero rendu public ce lundi 29 juillet à l’occasion de la remise de biens collectés en faveur de déplacés de guerre hébergés à Butembo. 

Face au chef de bureau à la mairie délégué du maire de Butembo, le président de la sous-conférence des chefs d’établissements d’enseignement supérieur et universitaire de Butembo et Lubero, professeur Wilfrid Kibanda à la tête d’une forte délégation a retracé l’histoire de la guerre à l’Est de la RDC pays de 1994 à nos jours, avec des conséquences inestimables, notamment sur de nombreuses familles affectant ainsi l’enseignement.

« Depuis 2014 jusqu’aujourd’hui, les terroristes du mouvement ADF se sont rendus tristement célèbres en massacrant la paisible population vouant en errance certaines familles et des milliers de personnes qui ont trouvé refuge dans la ville que vous administrez. Dans tout ce contexte, l’enseignement supérieur universitaire a subi un coup et continue de payer les lourdes tribus de la guerre.  Les familles dont sont issues nos étudiants sont essentiellement agricultrices.  Et du moment qu’elles sont chassées de leur champ, leur unique source de revenus,  elles se retrouvent dans l’incapacité de payer la scolarisation de leurs enfants. Conséquence malheureuse, nous assistons d’année en année à une déperdition des effectifs des étudiants dans nos établissements, ainsi qu’à un taux élevé de solvabilité de ceux qui persistent à poursuivre leurs études».

Par ailleurs, ajoute le professeur Wilfrid,  les établissements membres de la sous-conférence des chefs d’établissement qui sont établis en milieu ruraux,  comme Kanyabayonga, Kayna, Kirumba, Kitsombiro, Kasugho, Lubero et Lukanga,  sont pour la plupart menacés de fermer leurs portes,  puisque leur fonctionnement est rendu quasiment impossible par la persistance de la sécurité.

« En abandonnant leur site de fonctionnement,  ils livrent à la jeunesse ce qu’ils étaient censés éduquer à l’errance, au chômage, à l’oisiveté. Et pire encore, cette jeunesse reste la cible des appétits voraces de force négative ».

Ainsi, les membres de la sous-conférence dénoncent l’agression du Rwanda par le M23 interposé et la souffrance injuste qu’elle impose à un peuple innocent. « Si ailleurs, dans la République, on réclame le droit à la vie décente,  nous en sommes encore au stade de réclamer le droit à la vie tout court », déplorent-ils avant de recommander ce qui suit :

« D’user du pouvoir régalien qui lui est reconnu par la Constitution  pour bouter dehors les agresseurs du pays ….. D’appliquer des mesures de solidarité avec la population de l’Est du pays parce qu’il n’est pas compréhensible que la nation congolaise regarde comme normal la situation de l’Est du pays au point de soumettre ces populations aux mêmes devoirs comme partout sur l’étendue de la République : Impôts et taxes pour les activités économiques,  quotités pour l’enseignement supérieur comme si nous vivions dans le même climat.  Des mesures d’allégement fiscal sont un geste de solidarité extrêmement significatif que nous sollicitons. De prendre comme priorité des priorités de sécurité des populations et de leurs biens  pour permettre aux déplacés internes de regagner leurs villages et leurs champs pour y vivre paisiblement. De renforcer les capacités opérationnelles de notre armée pour récupérer les territoires déjà occupés par les rebelles  et de garantir l’intégrité du territoire national. D’améliorer les conditions de vie des militaires et de renforcer les budgets alloués aux opérations militaires  tout en luttant contre toutes sortes d’impunités au lieu de trop compter sur l’intervention des armées extérieures souvent complices de nos ennemis. De nettoyer l’armée de tous les traîtres filtrés en les mettant hors d’état de nuire par tous les moyens possibles. Accélérer le projet d’ouverture de centres de formation militaire dans les avions à l’intention de jeunes désireux de s’engager dans la défense de la patrie sous les couleurs nationales. De tenir au peuple un discours clair et cohérent pour pouvoir assurer ceux qui veulent s’engager dans le service militaire… »

Aux pays voisins qui agressent la RDC,  le président de la sous-conférence déclare : « vos appétits belliqueux ont trop duré.  Retirez vos mains de la République démocratique du Congo ». Il sollicite ainsi au délégué du maire de faire parvenir ce message sa hiérarchie concernée à différents niveaux.

Pour sa part, le Chef de division urbaine à la maire de Butembo monsieur Katsuva Theria Awite salue cette action des chefs d’Etablissements de l’ESU Butembo-Lubero. Réceptionnant ce memo, il estime que quand la crème intellectuelle commence à se mettre en action, les agresseurs comprendront qu’ils doivent cesser les menaces et les massacres à l’Est de la République démocratique du Congo.

Après l’hôtel de ville, la délégation s’est en suite rendu au bureau de l’ONG USPRON qui s’occupe d’encadrement des personnes déplacés de guerre où plusieurs biens, parmi les quels de vivres et non vivres ont été officiellement remis à sa coordonatrice.

 

Jackson SIVULYAMWENGE  

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