
Après le député national Remy Mukweso, jeudi 15 janvier 2025, au Rond-point VGH de Butembo, la directrice générale adjointe de l’Institut des Musées Nationaux du Congo (IMNC), Juliette Mughole, a choisi le même endroit pour son meeting prévu ce vendredi 16 janvier, à l’occasion de la célébration du 10ème anniversaire de son parti politique, l’Alliance congolaise de lutte contre la pauvreté (ACLP). Alors que le centre commercial de Butembo fait actuellement face aux embouteillages monstres, le choix de cet endroit suscite l’indignation parmi différents acteurs socio-politiques de Butembo au Nord-Kivu.
Le sujet est largement commenté sur les réseaux sociaux. Acteurs politiques, militants de mouvements citoyens ou encore citoyens ordinaires, tous déplorent un mauvais choix, dénonçant la paralysie de la circulation due à ces manifestions politiques.
« Nous sommes tous témoins des embouteillages sur le boulevard Président de la République. Venir en ajouter d’autres par un meeting, surtout aux heures creuses comme 14heures et 15heurs, là en tout cas, ce n’est pas réfléchi. Je souhaiterais que les autorités locales, notamment le maire de ville, puissent obliger les députés ou les politiciens à organiser leurs meetings ailleurs que le rond-point VGH. Dans le passé, on a vu par exemple un politicien qui a organisé un meeting au stade de l’ITAV et les gens sont partis là-bas et il a passé son meeting dans le calme », recommande Jean-Pierre Kasma, militant actif au sein du mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA) à Butembo.
Dans le rang de l’opposition non armée, l’ex-député provincial Promesse Matofali, cadre du parti Ensemble pour la République, parle d’un manque de respect vis-à-vis de la population.
« Un député provincial, national ou un sénateur, quand il vient faire un meeting, il le fait pour donner rapport à la population à laquelle il est redevable. Mais, est-ce que vraiment c’est dans la rue qu’on doit faire le rapport à son patron ? Est-ce qu’on peut donner à son patron un rapport en cours de route ? Il faut avoir le courage ou cette culture-là de respecter la population », déplore l’ex député, avant de révéler que chaque député national, quand il va en vacances parlementaires, l’État lui donne au minimum 6 000 $.
« Les 6 000 dollars-là, on les lui donne pour qu’il paye la salle, louer des chaises et acheter par exemple un sucré à chaque participant », fait-il savoir.
De son côté, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti politique au pouvoir, a tenu à recadrer l’opposition et la société civile. Pour Lwanzo Kasonia, son porte-parole fédéral à Butembo, le choix du rond-point VGH ne concerne pas seulement les partis politiques.
« Le rond-point VGH est considéré comme le cœur même de la ville de Butembo. C’est l’une des raisons pour laquelle que les gens choisissent cet endroit, notamment parce qu’il y a une forte concentration de la population. Toutefois, il ne s’agit pas du choix de la majorité au pouvoir seulement, mais aussi de celui de l’opposition et de la société civile, parce que certains acteurs de la société civile choisissent cet endroit pour leurs activités », défend l’acteur politique.
Globalement, tous les acteurs : opposition, parti au pouvoir ou encore société civile, appellent le maire de Butembo à orienter désormais les concernés vers les salles de rassemblement qui sont nombreuses à travers la ville.
Jackson Sivulyamwenge
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