Est de la RDC : relâchement dans la lutte contre l’ADF et erreurs tactiques face à l’AFC/M23

L’année 2025 a été marquée par un relâchement dans la lutte contre les terroristes ADF au Nord-Kivu et en Ituri, ainsi que par des erreurs tactiques dans la guerre contre la rébellion de l’AFC/M23 au Nord et Sud-Kivu. C’est le constat de Richard Kirimba, acteur de la société civile et analyste des questions socio-sécuritaires au Nord-Kivu. Il recommande de maintenir la pression contre l’ADF et de chercher une solution politique pour mettre fin à l’AFC/M23.
En évaluant la situation sécuritaire à l’est de la RDC pour 2025, Richard Kirimba souligne que la situation s’est encore dégradée, avec des incursions des ADF à Lubero, Beni et Irumu, et l’occupation par le M23 de grandes agglomérations au Nord et Sud-Kivu.
« Les ADF sont toujours présents. Grâce à la mutualisation des forces ougandaises et congolaises, nous avons parfois réduit l’impact de leur activisme sur les civils, mais le danger reste réel », explique-t-il.
Concernant le M23, il s’agit selon lui d’une guerre politique. « L’État a beaucoup mis l’accent sur la guerre contre le M23, mais pas sur celle contre les ADF. En 2025, nous avons dénoncé le fait que des militaires, engagés contre les ADF, étaient envoyés sur le front contre le M23. Cela a permis aux ADF de se réorganiser et de s’implanter dans des villages où ils n’étaient pas auparavant, comme dans le secteur des Bapère », déplore-t-il.
Ce sont, selon l’analyste, des erreurs tactiques qui ne profitent pas à la RDC. Pour le M23, il recommande une solution politique, mais pour l’ADF, il insiste sur la pression constante sur l’ennemi.
« Parmi les erreurs récurrentes dans la traque des ADF, il y a le relâchement. Quand une stratégie semble fonctionner, l’État se relâche, ce qui profite aux ADF. Parfois, on les traque, parfois on les laisse agir », souligne-t-il.
Concernant le M23, Richard Kirimba estime que l’État aurait dû analyser et négocier avant des milliers de morts, plutôt que de se retrouver aujourd’hui à négocier presque à genoux.
Il termine par un message d’espoir : « Peut-être que 2026 sera mieux que 2025 », appelant chaque partie à jouer sa partition pour améliorer la sécurité dans l’Est du pays.
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