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RDC-Ouganda: une enquête journalistique met en nue la livraison frauduleuse de la carte jaune à la frontalière

La fraude dans la livraison de la carte jaune, cette preuve de vaccination contre la fièvre jaune, est en vogue à la frontière entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda. Cette situation a fait l’objet d’une investigation menée en août 2025 par notre confrère journaliste Jérémie Kyaswekera, coordonnateur du Réseau des journalistes d’investigation de la RDC. Il appelle les autorités à stopper cette pratique.

Tout est parti d’une observation selon laquelle plusieurs voyageurs sont obligés de débourser une somme d’argent pour se procurer des attestations sanitaires afin de traverser, précisément à Kasindi et Nobili, pour se rendre en Ouganda. C’est le cas du certificat international de vaccination, appelé communément carte jaune. Pourtant, ce document est censé être la preuve que son porteur est immunisé contre la fièvre jaune, ce qui limiterait la propagation de cette maladie.

Théoriquement, selon l’investigateur Jérémie Kyaswekera, les voyageurs devraient se faire vacciner dix jours avant leur voyage pour lutter contre toute propagation, mais en pratique, les règles sont toutes autres.

« Les gens viennent acheter la carte, au lieu que les gens puissent plutôt avoir la carte après avoir été vaccinés. Mais les gens viennent l’acheter. Et cela, ça c’est justement la première forme de cette fraude que nous avons constatée dans ce trafic là. Et malheureusement, nous avons également constaté qu’en plus du fait que l’on donne la carte de vaccination contre la fièvre jaune moyennant paiement d’argent, il se trouve que cette même carte, les gens l’achètent à un prix élevé par rapport au prix officiel. Donc, il y a une surfacturation et on ne sait pas si ce surplus là va où. C’est tout ça, en fait, qui a fait que nous puissions nous intéresser à cette question là ».

Pour accéder à cette carte jaune, il faut payer 35, 40, voire 50 dollars américains, une somme d’argent non justifiée. Pendant ce temps, le journaliste d’investigation Jérémie Kyaswekera pense que les autorités affectées aux frontières congolaises devraient faire preuve de plus de sérieux dans la surveillance. Ceci, pour éviter une propagation de probables épidémies.

« Mon rôle, c’est d’informer. Je pense avoir joué mon rôle, celui d’informer : non seulement informer les voyageurs qui sont victimes de ces pratiques illégales ; d’informer les personnes qui sont impliquées, qui s’adonnent à ces pratiques prohibées ; mais aussi d’informer nos autorités compétentes pour que les autorités puissent prendre les mesures nécessaires afin de pouvoir stopper cette pratique qui met en danger la santé des populations des différents pays. Je suis sûr que personne, ni les autorités, ni les populations, ni même ces fonctionnaires, ne peuvent pas être contents d’assister à une nouvelle épidémie dans la région, comme ça a été le cas pour Ebola, tout simplement parce qu’il y a eu une négligence de la surveillance épidémiologique ».

Loin de la délivrance de la carte jaune, c’est le jeton dit de « libre passage » qui est aussi donné aux voyageurs sans aucune garantie de protection contre les épidémies.

Glodi Mirembe

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