Les militants des mouvements citoyens et des groupes de pression réunis au sein de la synergie sont descendus dans les rues de Butembo pour dénoncer les massacres répétitifs des civils dans le Grand Nord-Kivu. Cette marche pacifique, partie du virage CAFEKIT près de Matanda, a chuté à la mairie de Butembo.
Il est 10 heures en ville de Butembo lorsque ces militants entament leur procession. Banderoles sur le front, calicots en main, ils scandent des chants hostiles à l’insécurité et aux autorités gouvernementales. Sur leurs messages, on pouvait lire : « Un mandat ne vaut pas plus qu’une vie », « Genocost : nos morts n’ont pas besoin de logos mais de loyauté », « On vote l’espoir, on reçoit les massacres ».
À l’hôtel de ville, ils ont été reçus par le maire de Butembo, le Commissaire supérieur principal Mowa Baeki Telly Roger. Dans leur mémorandum, les manifestants déplorent les milliers de morts victimes des massacres perpétrés par les terroristes ADF à l’Est de la RDC. Selon eux, les ADF opèrent dans des zones censées être sécurisées par les forces loyalistes, ce qui, affirment-ils, pourrait révéler une forme de complicité.
« Tant que les victimes ne vivent pas à Kinshasa, à Goma, elles n’existent pas. Et pire encore, haïr des zones déjà démilitarisées, où Wazalendo et FARDC sont présents, ce n’est plus une défaillance, c’est une complicité par négligence. Par calcul ou par abandon. Ce que nous dénonçons: responsabilité structurelle du gouvernement face aux massacres répétitifs, la présence passive ou complice des Wazalendo et FARDC dans les zones d’extermination, le silence stratégique des autorités locales, provinciales, nationales. La doctrine implicite selon laquelle la guerre du M23 serait plus importante que le massacre des civils ».
Tout en recommandant le remplacement des troupes actuellement déployées dans les zones touchées par les massacres, les militants estiment que la population doit davantage se prendre en charge face aux menaces sécuritaires persistantes. Ils jugent également qu’il est grand temps que ces massacres soient reconnus au niveau international comme crimes contre l’humanité.
« Relèvement immédiat des forces. Retrait des FARDC et Wazalendo actuellement cantonnés dans les zones de massacre. Transfert des troupes vers la ligne de front contre le M23, là où la République dit avoir ses priorités militaires. Remplacement par unités disciplinées, formées et supervisées. Dans toute nation sérieuse, lorsque des responsables investis de la mission de protéger échouent de manière répétée, l’éthique républicaine exige des actes de responsabilité personnelle. Reconnaissance officielle des massacres de civils comme crimes de guerre et crimes contre l’humanité ».
Leur mémorandum a été remis au maire de Butembo, qui a salué le climat pacifique ayant caractérisé la marche et a promis de transmettre le document aux autorités compétentes.
Glodi Mirembe
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