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Nord-Kivu : le Local Defense, une approche sécuritaire salutaire pour la protection de civils, tarde à être mise en œuvre (Me Sekera et Rose Tuombeane)

Plusieurs acteurs socio-politiques et militants pour paix de Butembo saluent la proposition faite par l’armée ougandaise, celle de la création de Local Defense pour sécuriser les zones libérées pendant les opérations « Shujaa » visant la traque des terroristes ADF au Nord-Kivu et Ituri. Parmi eux, Me Sekera Kasereka Kivasuvyamo, auteur d’une proposition de loi datant de 2021 qui fixe les conditions d’exercice de cette approche, et madame Rose Tuombeane, à la tête d’une mission  de plaidoyer qui s’était rendue à Kinshasa pour cette fin.  

L’idée n’est pas nouvelle. Elle a déjà été proposée plusieurs fois  à l’armée congolaise lors de différentes réunions d’évaluation des opérations « Shujaa » menées conjointement entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et l’armée de défense du peuple ougandais (UPDF), confie une source sécuritaire au Nord-Kivu. Parallèlement, une proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale depuis 2021 par le biais de l’ex député Tembos Yotama, reste sans suite, alors que les massacres durent depuis plus d’une décennie déplore Me Sekera qui en est l’auteur.

« Dès lors qu’on n’a pas encore une armée efficace pour défendre les civils, la seule option c’est de doter la population des capacités nécessaires pour se défendre.  C’est la seule option, moi je ne vois pas une autre. Mais ça ne doit pas se faire dans le désordre, c’est pour cela que nous, nous avions proposé une loi que nous avions déposée à l’Assemblée nationale en 2021. Et en 2022, je me rappelle, j’ai confié l’avant-proposition à l’honorable Tembos Yotama, il l’avait même introduit à l’Assemblée nationale.  

Bien avant lui en 2020, une délégation des femmes de Butembo regroupées au sein de la Dynamique des femmes pour la bonne gouvernance (DYFEGOU) dont à la tête la militante Rose Tuombeyane, s’était rendue à Kinshasa et avait soumis la même approche aux autorités du pays et de l’armée.

« En fait, depuis notre plaidoyer de 2020, nous avions présenté un plan pareil. Et nous avions voulu que cette stratégie soit, non pas rendue vraiment publique, mais qu’il y ait des gens chargés de renseignements, mais qui sont constitués de la population et qui seront maintenant chargés de Local defense. Malheureusement, on n’a jamais été entendus », déplore Rose Tuombeane de la DYFEGOU.

Comme l’idée tarde à être mise en œuvre par Kinshasa, et face à l’escalade de violations contre les civils, le général-major  Stéphane Mugerwa, nouveau commandant des troupes ougandaises engagées dans les opérations Shujaa », a profité de ses civilités auprès du gouverneur du Nord-Kivu pour lui demander de plaider pour sa matérialisation    

 « J’ai demandé au gouverneur de parler à sa hiérarchie afin de créer des Local Defense pour faire face aux manœuvres des ADF, qui contournent nos positions et s’en prennent ensuite à la population après les frappes. Si nous mettons en place le Local Defense, elle va s’occuper de la protection de civils », va-t-il

déclaré.

Des élus nationaux incriminés

Mais, pour Me Sekera Kasereka, il faut surtout impliquer les élus du Nord-Kivu, principalement ceux de Butembo, Beni, Lubero.

Ce sont les députés nationaux qui doivent prendre les choses en main pour commencer à expliquer la situation à Kinshasa et faire passer l’idée.  Un député, il est beaucoup plus libre, il a les immunités,  et puis tout le monde le sait, il représente la population, c’est ce qu’il peut dire, on sait que c’est ça son travail. Le député, il est encore mieux placé. 

Le Local Defense, une approche sécuritaire expérimentée depuis plusieurs années en Ouganda, a déjà fait ses preuves, notamment depuis la lutte contre l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony.

Cette approche consiste assurer une protection communautaire continue pendant que l’armée poursuit la traque des rebelles. D’où, estime Me Sekera,  il faut capitaliser le partenariat avec l’Ouganda dans le domaine sécuritaire afin de profiter de son expertise dans la protection de civils.    

Jackson Sivulyamwenge

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