Butembo : vers la délocalisation de la prison centrale de Kakwangura

La situation carcérale de la prison centrale de Kakwangura à Butembo a été débattue ce lundi 18 août, lors d’une séance d’échange ayant réuni plusieurs couches sociales de la ville autour du gouverneur militaire, le général Évariste Kakule Somo. En effet, dans une lettre ouverte adressée à l’autorité provinciale, la Dynamique des femmes pour la bonne gouvernance (Dyfegou) a décrit une situation critique et alarmante des détenus.
En plus du manque d’une alimentation suffisante et d’une prise en charge médicale adéquate, ainsi que de la promiscuité, la Dyfegou dénonce l’absence de jugements judiciaires permettant la condamnation ou la libération de certaines personnes incarcérées.
Selon cette organisation :
« Des décès fréquents sont enregistrés, liés aux mauvaises conditions d’hygiène et de santé ; des traitements inhumains sont infligés en raison du manque d’espace vital ; de plus, une lenteur judiciaire maintient injustement de nombreux prévenus en détention prolongée. Par ailleurs, l’alimentation reste insuffisante et de très mauvaise qualité, principalement composée de haricots mélangés à du maïs bouilli, souvent mal cuits », décrit-elle.
Elle poursuit en précisant que :
« Cette mauvaise alimentation entraîne des maladies graves telles que :
- la malnutrition et l’anémie ;
- les troubles gastro-intestinaux (diarrhées chroniques, gastrites, colites) ;
- les maladies parasitaires (amibiase, vers intestinaux) ;
- le béribéri et autres carences vitaminiques. »
Face à ces dénonciations, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général Évariste Kakule Somo, a promis la délocalisation de la prison centrale de Kakwangura vers Musienene, un projet actuellement à l’étude. Concernant la question des jugements des détenus, l’exécutif provincial s’est engagé à y investir davantage d’efforts.
Construite à l’initiative du diocèse de Butembo-Beni avant d’être remise à l’État, la prison centrale de Kakwangura avait été prévue pour une capacité d’accueil de 250 détenus, hommes et femmes confondus. Actuellement, elle compte plus du quadruple de sa capacité initiale, rapportent plusieurs organisations de défense des droits humains à travers leurs rapports de monitoring.
Elisha Kindy
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