Virunga, 100 ans de résistance : aucune espèce disparue malgré l’occupation de plus de la moitié du parc par des groupes armés

Le Parc national des Virunga, plus ancien parc national d’Afrique, célèbre ce lundi ses 100 ans d’existence. Fondé le 21 avril 1925, ce joyau naturel classé au patrimoine mondial de l’UNESCO est reconnu pour sa biodiversité exceptionnelle, son importance écologique et son rôle vital dans le développement socio-économique de l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
1. Un siècle d’histoire et de sacrifices
En un siècle, les Virunga ont su préserver leur riche biodiversité malgré de nombreuses crises. Plus de 220 éco-gardes ont perdu la vie dans l’exercice de leur mission de protection. Ces sacrifices témoignent de l’engagement sans faille des équipes de conservation face aux menaces croissantes.
2. Une sécurité toujours fragile
Aujourd’hui, près de la moitié du parc est sous le contrôle de groupes armés, notamment le M23, les ADF, les Maï-Maï et les FDLR. Environ 1 500 combattants armés opèrent dans les environs, générant un commerce illicite des ressources naturelles estimé à 30 millions USD par an, fragilisant ainsi les efforts de conservation et de développement.
3. Des ressources humaines et financières mobilisées
Le parc compte 1 516 agents actifs, dont 796 employés de l’ICCN, 484 de la Fondation Virunga et 236 de Virunga Énergies. Chaque mois, plus de 1 300 journaliers soutiennent les activités sur le terrain.
4. Une biodiversité précieuse et bien gardée
Malgré les conflits, aucune disparition d’espèce n’a été enregistrée depuis la création du parc. Les gorilles de montagne, emblèmes du parc, connaissent une croissance annuelle de 4,5 %, avec 350 individus recensés en RDC. Les populations d’éléphants (544) et d’hippopotames (environ 1 300) sont également en progression ou stabilisées.
5. Sécurité renforcée et infrastructures en développement
Trois campements fortifiés ont été installés dans les zones sensibles (Mutwanga, Bulongo, Mangina). Le parc a déployé 125 km de clôtures électriques pour protéger les populations riveraines, et 577 km de limites sont déjà matérialisées sur les 1 011 km que compte le périmètre.
6. Tourisme en attente de reprise
En 2015, le parc a accueilli 15 000 visiteurs, un chiffre en chute libre à cause de l’insécurité. Malgré cela, les Virunga demeurent la première destination touristique du pays, avec des infrastructures d’accueil en amélioration constante.
7. Développement communautaire : l’impact de l’Alliance Virunga
L’Alliance Virunga, bras social et économique du parc, repose sur quatre piliers : énergie, agriculture, pêche et entrepreneuriat.
- Énergie : 4 centrales hydroélectriques produisent 43,15 MW, avec un objectif de 57 MW d’ici 2026. Plus de 39 000 ménages, PME et institutions sont raccordés à l’électricité.
- Agriculture : 8 000 producteurs sont appuyés, et plusieurs industries locales comme Virunga Chocolat dynamisent l’économie.
- Pêche : 80 000 personnes dépendent du lac Édouard, où la chaîne du froid portée par les femmes s’étend.
- Entrepreneuriat : 725 PME bénéficient de microcrédits (2,13 millions USD déjà octroyés), remboursables via les factures d’électricité.
Les activités de l’Alliance génèrent plus de 5 millions USD par an pour le Trésor public.
8. Un impact social tangible
Le développement impulsé par le parc a permis la construction de 9 écoles, la rénovation de 3 centres de santé, et la création de 21 600 emplois indirects ces 10 dernières années. Par ailleurs, 1 000 anciens combattants ont été réinsérés dans la vie civile via des programmes spécifiques.
9. Un appel pour les 100 prochaines années
Le Parc national des Virunga incarne à la fois la richesse naturelle, la paix, la souveraineté nationale et l’espoir d’un développement durable. À l’heure du centenaire, les gestionnaires du parc, les partenaires et les communautés locales lancent un appel à l’engagement renouvelé de toutes les parties prenantes pour préserver ce patrimoine exceptionnel pour les générations futures.
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