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Butembo : Ir Mbusa Kamavu Yves soutient sa thèse de doctorat sur les performances des clones de manioc au Nord-Kivu

C’est dans la salle S1 de l’Institut Technique Agricole et Vétérinaire (ITAV) de Butembo que s’est tenue, à partir de 13h00 de mardi 15 Avril, la soutenance publique de la thèse de doctorat de Monsieur Ir Mbusa Kamavu Yves, Chef de Travaux à l’Université Officielle de Semuliki (UOS/Beni). L’événement, marqué par une forte affluence, s’est déroulé en présence d’un jury composé de sept professeurs, dont trois connectés en visioconférence.

Une thèse tournée vers la sécurité alimentaire

Sous la direction du Professeur Ordinaire Kambale Valimunzigha Charles, Ir Mbusa Kamavu Yves a présenté une thèse en Sciences Agronomiques, option Phytotechnie, intitulée :
« Performances des clones de manioc (Manihot esculenta Crantz) dans les zones agro-écologiques du Nord-Kivu, en République Démocratique du Congo. »

Cette recherche s’inscrit dans un contexte de pauvreté extrême et de faible productivité agricole. Elle vise à améliorer la sécurité alimentaire dans les milieux ruraux en évaluant des clones de manioc adaptés aux réalités locales.

Pourquoi le manioc ?

Le choix du manioc s’explique par son importance stratégique dans la région du Nord-Kivu :

  • C’est l’aliment de base le plus consommé.
  • Il s’adapte bien aux conditions agro-écologiques locales.
  • Il offre des rendements élevés pouvant atteindre 40 tonnes par hectare.
  • Il se conserve sur pied, facilitant ainsi la gestion des récoltes.

Cependant, la culture du manioc reste confrontée à plusieurs défis, notamment :

  • La propagation incontrôlée du matériel végétal,
  • Les maladies virales comme la mosaïque et la striure brune,
  • La dégénérescence variétale.

Ces problèmes affectent directement la productivité.

Trois grandes questions de recherche

La recherche a été guidée par trois interrogations majeures :

  1. Rendement en racines : Certains clones sont-ils plus performants que les variétés communément cultivées ?
  2. Qualité nutritionnelle : Les clones testés présentent-ils des niveaux acceptables en matière sèche, amidon et cyanure selon les zones écologiques ?
  3. Acceptabilité : Les produits dérivés, notamment le foufou, sont-ils appréciés en termes de texture et de couleur ?

Des résultats encourageants

Après trois ans d’expérimentation, trois clones se sont distingués : Mayombe, Kas1 et Kas3, avec des rendements supérieurs à 20 tonnes par hectare.
Néanmoins, certains clones dits « moins performants » restent au-dessus de la moyenne nationale estimée à 8,1 t/ha, et pourraient améliorer leurs performances grâce à une meilleure nutrition du sol.

D’autres critères ont également été évalués : la teneur en matière sèche, en amidon, en acide cyanhydrique (HCN), ainsi que les qualités organoleptiques du foufou. Ces analyses ont donné lieu à des publications scientifiques valorisant les résultats de la thèse.

Recommandations principales

  • Approche durable de l’amélioration variétale : Aller au-delà du rendement, en intégrant la stabilité, l’adaptabilité et la qualité.
  • Fertilisation expérimentale : Explorer l’impact des engrais sur les clones dits « faibles ».
  • Valorisation élargie du manioc : Étendre la recherche à d’autres produits dérivés comme le sombé ou le manioc cuit.
  • Sécurité alimentaire : Promouvoir les farines de manioc obtenues par traitement humide, afin de réduire la teneur en HCN (toxique) et garantir un foufou sain.

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