Butembo : faible taux de femmes donneuses de sang, le CTS saisit l’occasion du 8 mars pour mobiliser cette couche

La proportion de femmes donneuses de sang en ville de Butembo demeure inférieure à celle des hommes. En février 2025, 66,7 % d’hommes ont donné volontairement du sang contre seulement 33 % chez les femmes. C’est ce qui ressort du rapport mensuel de février présenté à la presse ce vendredi 7 mars par le Centre de Transfusion Sanguine (CTS) plateau de Butembo, au Nord-Kivu. Des chiffres interpellateurs pour les femmes, considérées comme la couche qui a le plus besoin de sang et qui célèbre la Journée des droits de la femme.
1 851 candidats répartis dans 13 centres
Dans sa stratégie, le Centre de Transfusion Sanguine de Butembo s’est déplacé vers certaines institutions et structures pour collecter du sang. Les prélèvements ont été réalisés respectivement à l’ISTM-Butembo, ISAM-Lubero, ISEAVF-Butembo, UOR, Institut Loyola, Institut Masiki, Grand Séminaire Saint Octave de Vulindi, à la Croix-Rouge Butembo ainsi que dans les églises catholique. Sur un total de 917 poches de sang attendues pour le mois de février, le CTS Butembo n’a collecté que 496 poches, soit une proportion de 54 %.
Constat : la proportion des femmes reste inférieure à celle des hommes, révèle le Dr Trésor Benda Masehi, médecin responsable du CTS Butembo.
« Par rapport au sexe, le masculin, leur proportion est de 66,7 %. Nous avons eu à collecter 331 masculins, soit 66,7 %, et les féminins 165, soit une proportion de 33 %. Et nous avons constaté que le masculin représente une grande proportion. Nous encourageons aussi les femmes, comme c’est le mois de la femme, que les femmes se donnent. La plupart des malades qui nécessitent du sang, ce sont les femmes enceintes, les femmes qui accouchent et même les enfants », indique-t-il.
Déçue par ce faible score réalisé par les femmes, Madame Kasoki Neema, donneuse volontaire et régulière de sang, tout en partageant son expérience, interpelle ses semblables.
« J’avais simplement suivi un communiqué à la radio, selon lequel de nombreux patients, surtout des femmes enceintes après accouchement, étaient en train de prendre du sang, et que certains d’entre eux perdaient la vie. J’avais été énormément touchée du fond de mon cœur. C’est à partir de là que j’avais décidé de venir ici à la banque du sang, témoigner mon amour envers les autres, en donnant de mon sang. Depuis ce jour-là, j’ai retrouvé ma joie et jusqu’à maintenant, je continue à donner de mon sang aux autres. Voilà pourquoi, à cette occasion de notre mois de la femme, je me dois de dire aux autres femmes comme moi qu’elles doivent regarder avec pitié les malades en donnant, elles aussi, du sang », appelle-t-elle.
Selon le Dr Trésor Benda Masehi, le besoin en sang est encore trop élevé. Séance tenante, certains journalistes présents dans la salle ont manifesté leur disponibilité à donner de leur sang pour sauver des vies humaines.
Jackson Sivulyamwenge
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