RDC : Les sanctions économiques, un levier pour stopper la guerre selon le Professeur Guillain Mathe

L’Union européenne (UE) a décidé, ce lundi 24 février, de suspendre les consultations en matière de défense avec le Rwanda, en réponse à la situation instable en République démocratique du Congo (RDC). Cette décision inclut l’application de sanctions qui dépendront de l’évolution sur le terrain. L’UE appelle également au retrait des troupes rwandaises du territoire congolais, soulignant la nécessité de restaurer la souveraineté de la RDC. Par ailleurs, un réexamen du protocole d’accord sur les matières premières critiques est en cours, visant à renforcer la transparence et la traçabilité des ressources. Ces mesures font suite au lancement du document du Professeur Guillain Mathe, qui aborde les enjeux géopolitiques dans la région.
Le Professeur Guillain Mathe, chercheur congolais vivant en Suisse et spécialiste des questions de paix et de sécurité, souligne que des sanctions économiques ciblées peuvent inciter le Rwanda à reconsidérer son appui au M23. Il rappelle que, historiquement, des sanctions similaires ont conduit au retrait des troupes rebelles, comme lors des occupations de Goma en 2008 et 2012.
« La coopération internationale et la rupture de l’aide directe au Rwanda par les États membres de l’Union européenne, en particulier, et les puissances occidentales ont eu pour effet le retrait effectif de Laurent Nkunda de la ville de Goma, même s’il n’était qu’à l’entrée de la ville à ce moment-là. Pareil en 2012, quand le M23 a pris Goma, c’est encore une fois l’ensemble de ces sanctions qui se sont appliquées. Justement, le Rwanda a dû abandonner son soutien au M23, et c’est cela qui a créé les conditions de la victoire militaire. »
Cependant, il est essentiel de souligner qu’il n’y aura pas de retrait sans contrepartie sérieuse.
La réussite des sanctions dépend également de l’engagement du gouvernement congolais à mettre fin au soutien aux groupes armés, souligne le chercheur.
« La réussite des sanctions dépend également de l’engagement du gouvernement congolais à mettre fin au soutien aux groupes armés, soulignent les chercheurs. Tout va dépendre de la manière dont le gouvernement va tirer son épingle du jeu et jouer sa partie. Parce que la même résolution qui vient de condamner le Rwanda demande aussi au gouvernement congolais d’arrêter tout soutien au FDLR et d’engager un dialogue avec les rebelles. »
Pour le Professeur Mathe, la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU et les sanctions proposées par l’Union européenne constituent une victoire diplomatique majeure pour le gouvernement congolais.
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