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Beni : la culture du manioc attaquée par des insectes d’origine inconnue à Kyanzaba et Ihaviro

Des agriculteurs de la filière manioc des localités d’Ihaviro et Kyanzaba, en secteur de Beni-Mbau, alertent sur la présence d’insectes d’origine inconnue qui attaquent cette culture. Cette situation, observée depuis plusieurs saisons, impacte négativement la production et risque de paupériser davantage les agriculteurs de cette zone, déjà confrontés aux menaces des groupes armés.

« Ce sont des insectes de couleur blanche qui attaquent les feuilles de manioc, entraînant la pourriture des tubercules avant la phase de maturité », décrit Madame Ferdinand Kavira, agricultrice du bassin de production de Kyanzaba.

« Quand les plantes de manioc atteignent la phase de récolte du sombé, nous remarquons la présence de ces insectes qui empêchent leur bonne évolution. Le manioc ne produit plus, il prend la forme d’une boule dans le sol. Quand on l’arrache, on constate qu’il n’y a rien », fait-elle savoir.

Katembo Mutiva Moïse, un autre agriculteur du bassin de production d’Ihaviro, a fait le même constat.

« Parfois, nous trouvons ces insectes sur la semence de manioc. Les feuilles sont déformées, ce qui constitue une difficulté pour nous, cultivateurs. Cette situation affecte également la qualité des récoltes. Nous craignons que cela aggrave l’insécurité alimentaire chez nous, car le manioc est notre aliment de base. Il faut que les agronomes nous aident à faire face à ces insectes. De notre côté, nous ne pouvons rien faire », alerte-t-il.

Nouvelle épidémie ou phénomène ordinaire ?

Selon l’ingénieur Muhongya Berekia, agronome superviseur à la Ligue des Organisations des Femmes Paysannes du Congo (LOFEPACO), une organisation qui accompagne les agriculteurs en RDC, ce phénomène n’est pas nouveau.

« Il y a plusieurs maladies qui affectent la culture du manioc. On cite, par exemple, la mosaïque, l’anthracnose, les maladies causées par les acariens, ainsi que celles engendrées par des micro-organismes présents dans le sol et qui attaquent les racines, rendant ainsi la production nulle », explique-t-il.

Parmi les solutions, l’expert conseille l’usage de nouvelles variétés de semences et la pulvérisation par insecticides.

« Pour la mosaïque, qui est une maladie virale, il est recommandé d’utiliser des semences de nouvelles variétés. Concernant les maladies qui affectent les racines et que les paysans appellent Eshonguha en langue locale, les agriculteurs doivent vérifier si leurs sols sont encore fertiles. Quant à la mosaïque causée par la mouche blanche, principal agent vecteur, si les moyens le permettent, il faut utiliser des insecticides et procéder à la pulvérisation du champ en cas de présence de ces petits insectes blancs », indique-t-il.

Le manioc est l’un des produits vivriers les plus consommés dans la région. Ses feuilles sont utilisées pour préparer le sombé, tandis que son tubercule sert à la fabrication du shikwang et du foufou. Il accompagne aussi le haricot et peut être consommé seul. Selon un article publié sur le site web de la LOFEPACO, au moins 8 ménages sur 10 l’utilisent dans leur alimentation quotidienne dans l’espace Beni-Lubero.

Jackson SIVULYAMWENGE

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