
Dans son discours à la nation essentiellement consacré à la dégradation de la situation sécuritaire à l’est du pays, Félix Tshisekedi persiste dans sa logique de refuser tout dialogue avec le M23. Cela alors que la RDC continue à perdre d’importants territoires y compris la ville stratégique de Goma au profit de la rébellion du M23. Attitude que conteste l’analyste politique Fréderic Amani, chercheur associé à la faculté de sciences politiques de l’Université de Lubumbashi et consultant en relations internationales.
Le Chef de l’Etat congolais a, dans son message adressé à la nation le mercredi 29 janvier 2025, promis une riposte vigoureuse à l´armée rwandaise. Par ce discours, Félix Tshisekedi tient fermement à mettre fin à cette aventure rwandaise par la voie militaire, constate Frédéric Amani.
« La logique du président c’est de refuser le dialogue avec le M23, mais il ne faut pas oublier une chose, en stratégies de la guerre c’est que lorsque vous menez une guerre, soit vous gagnez l’ennemi et vous lui imposer votre loi, soit l’ennemi vous gagne et vous subissez sa loi. Mais lorsque dans une guerre il n’y a ni vainqueur ni vaincu, il faut aller au dialogue ou aux négociations. Cela peut faire mal à certains d’écouter ça, mais c’est cela la logique », fait savoir l’analyste.
Toutefois, prévient encore l’analyste, il faut d’abord déterminer le format avant d’aller aux négociations afin d’éviter d’éventuelle volte-face de la part de la rébellion ou de la part du Rwanda dans le non respect des engagements.
Pour le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi, les vaillantes forces armées de la RDC, symbole de courage et de patriotisme, sont pleinement mobilisées, prêtes à défendre chaque centimètre du territoire national. Mais, est-ce que la RDC se trouve en position de gagner militairement cette guerre ? Frédéric Amini relativise :
« Je pense que je vais y répondre de deux manières. Oui et non. Oui pourquoi ? Parce que le nombre de militaires, l’équipement, la superficie, les études qui ont été faites, aujourd’hui, sauf erreur de ma part, la RDC occupe la 8ème ou 7ème place au niveau africain parmi les 10 meilleures armées au niveau africain. Mais qu’est-ce qui fait que militairement, on ne puisse pas gagner ? Je crois que du point de vue de ces statistiques et de ces analyses, la RDC peut gagner la guerre. Mais du point de vue stratégique et tactique, je crois qu’on ne mène pas la guerre par sentiment. Il faut savoir que la guerre a un coût. La guerre se prépare. La guerre a des conséquences collatérales. On sait comment commencer la guerre, mais on ne sait pas comment et quand la terminer. L’exemple de l’Ukraine et de l’Israël, on pensait que c’est un conflit qui va prendre 2, 3, 4 mois. Mais aujourd’hui en Ukraine, on tend vers la 3ème année. Donc moi je pense que l’option de la guerre, elle peut être privilégiée, mais il faut y réfléchir deux fois », prévient le spécialiste en relations internationales.
Notons qu’au cours de la même adresse à la nation, Félix Tshisekedi a également interpellé la communauté internationale, dénonçant les violations flagrantes du Rwanda et leur impact sur la stabilité régionale.
Jackson SIVULYAMWENGE
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