
Depuis quinze ans, l’hôpital général de référence de Kitatumba assure la prise en charge sanitaire des détenus de la prison centrale de Kakwangura de Butembo. Selon le docteur Masingo Esdras, médecin-directeur de cette structure sanitaire, ce partenariat, jadis soutenu par le gouvernement congolais, a permis d’appuyer la clinique pénitentiaire. Cependant, il y a trois ans, le gouvernement n’a plus honoré sa part du contrat, exposant ainsi la structure à des difficultés pour assurer une bonne prise en charge, a-t-il déploré.
Le docteur Masingo Esdras souligne que l’hôpital général de référence de Kitatumba fait face à un afflux croissant de prisonniers souffrant de diverses pathologies, dans un contexte où le gouvernement ne soutient plus la prise en charge. À cela s’ajoute l’insuffisance des locaux pour contenir les prisonniers qui arrivent en nombre et souvent dans un état critique. Pour y faire face, la structure se démène seule.
« Le retard lié à l’honorariat des factures des soins des prisonniers a un impact significatif sur le fonctionnement de l’hôpital. Cela fait que le peu d’argent que nous recevons est focalisé sur des rubriques spécifiques, comme la pharmacie et les médicaments, tandis que les autres secteurs, comme l’investissement, souffrent. Ce retard peut paralyser le fonctionnement de l’hôpital. De plus, lorsque ces prisonniers sont pris en charge au sein de l’hôpital, ils occupent certains locaux, et lorsque d’autres malades arrivent, nous faisons face à des difficultés pour les accueillir. À l’heure actuelle, si je vous montre où sont logés ces prisonniers, vous constaterez qu’ils sont très nombreux et occupent une grande partie de l’espace de l’hôpital », explique-t-il.
En perspective, l’hôpital général de référence de Kitatumba prévoit, avec l’accompagnement du gouvernement congolais et de ses partenaires, de construire un pavillon équipé spécifiquement pour les prisonniers.
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