Nord-Kivu : suivi psychologique des rescapés des massacres en territoire de Beni, un appel à la consultation régulière

Les rescapés des massacres et les proches des victimes sont appelés à consulter régulièrement les psychocliniciens ou les serviteurs de Dieu pour un suivi psychologique rigoureux. Cela vise à prévenir les stress post-traumatiques auxquels ils sont exposés à la suite du choc qu’ils ont subi. C’est ce que conseille Muthenyo Joël, psychoclinicien du Centre de Protection des Indigents et Malades Mentaux (CEPIMA) affecté à Oicha, en territoire de Beni.
En marge du 2 octobre, date qui marque le début des massacres de populations civiles en territoire de Beni, ce psychoclinicien du CEPIMA a décrit l’étendue du problème auquel la population est exposée. Selon lui, lorsque nous voyons des corps de femmes éventrées, des bébés cognés sur les arbres et les murs des maisons, cela laisse d’énormes conséquences psychologiques sur de nombreuses personnes, surtout sur les proches des victimes.
« Quand nous voyons des cadavres sur des motos, un membre de la famille est mort, cela peut nous toucher psychologiquement et laisser des traces sur notre psychisme. La conséquence, c’est que vous pouvez tomber dans des troubles mentaux, soit des souffrances psychologiques que nous pouvons appeler des stress post-traumatiques ».
Depuis janvier 2024, au moins une dizaine de cas de troubles mentaux dus à cette situation sont suivis en hospitalisation au CEPIMA-Oicha, et plusieurs autres cas sont suivis en ambulatoire.
« En fait, oui, ici au CEPIMA, à partir du mois de janvier jusqu’en septembre 2024, nous avons au moins une dizaine de cas qui sont suivis en hospitalisation et plusieurs cas qui sont suivis en ambulatoire. Ces cas sont dus aux effets de la guerre que nous traversons dans notre pays, des massacres, des tortures, etc. », ajoute Muthenyo Joël.
Ainsi, il conseille aux rescapés et aux proches des victimes de consulter régulièrement les psychocliniciens et/ou les serviteurs de Dieu pour une prise en charge psychologique.
Jackson SIVULYAMWENGE
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