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Butembo : le nombre de cas de conjonctivite à la prison de Kakwangura augmente de 25 à 144 détenus

Le nombre de cas de contamination à la conjonctivite augmente chaque jour à la prison urbaine de Butembo, dite « Kakwangura ». Il est passé de 25 à 144 détenus déjà contaminés depuis la déclaration de cette épidémie le vendredi 10 mai 2024. Selon le major Tungu Abanza David, directeur intérimaire de la prison urbaine de Butembo, la courbe de l’évolution de cette maladie est en train de monter.

« C’est depuis la semaine passée que l’épidémie a commencé. Pour la journée du vendredi 10 mai, nous avions un effectif de 25 détenus contaminés, et le samedi il y a eu 92 cas. Nous avons mobilisé les équipes de santé, il y a eu une descente du médecin-chef de zone de santé qui est arrivé avec toute son équipe, on a traité le samedi, et le dimanche on a mobilisé tous les médecins pour venir traiter les détenus contaminés avec un effectif de 134 malades. Alors, la journée d’hier [lundi 13 mai 2024], nous étions à 144 détenus qui étaient soignés », affirme-t-il lors d’une interview accordée ce mardi 14 mai 2024 à La Voix de l’UCG.

Avec l’appui technique du bureau central de la zone de santé de Butembo, le service de santé pénitentiaire est mobilisé depuis la semaine passée pour assurer la prise en charge des malades à l’intérieur de la prison. Toutefois, selon Dr Gloire Mumbere, médecin traitant de la place, on ignore encore s’il s’agit de quelle conjonctivite exactement.

 

« Jusqu’à présent, on n’a pas encore su préciser s’il s’agit d’une conjonctivite virale, bactérienne ou tout simplement d’une allergie, parce qu’on n’a pas encore prélevé. Nous sommes là avec les moyens de bord que l’équipe de la zone de santé nous a donnés à travers le médecin chef de zone de santé qui, depuis le dimanche, a diligenté une équipe d’ophtalmologues pour venir nous appuyer. Alors, pour le moment, nous faisons juste des nettoyages minutieux des yeux avec des compresses stériles et de la solution physiologique, ce qui suffit pour traiter l’infection virale après quelques jours. Nous y ajoutons aussi des collyres antibiotiques », explique-t-il.

 

Alors, pourquoi, en dépit de cette prise en charge assurée, n’arrive-t-on pas à stopper la maladie ? « D’abord, c’est parce que la maladie est venue de l’extérieur avec une prison qui enregistre au moins 10 nouveaux détenus par jour, répond le docteur. Ensuite, les conditions d’hygiène très déplorables à la prison favorisent la persistance de la maladie. Pour éviter la contamination de ceux qui arrivent pour la visite, le personnel médical a instauré une mesure de distanciation. Il n’est plus question d’accéder à l’intérieur de la prison, il faut désormais parler à travers la fenêtre en respectant une distanciation de 0,5 mètre.

 

Jackson SIVULYAMWENGE

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