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Départ de la MONUSCO de Butembo : entre inaction sécuritaire dénoncée et contribution en matière de droits humains reconnue

À l’occasion de la Journée internationale des casques bleus célébrée chaque 29 mai, les avis sont partagés sur l’impact de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), notamment dans les provinces du Nord-Kivu et l’Ituri. Si le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) dénonce une mission peu efficace dans la protection des civils, certains défenseurs des droits humains saluent tout de même son apport en matière de veille sur les violations des droits humains.

Dans une interview nous accordée, Anelka Mwanya  de la LUCHA a fait savoir que les casques bleus de la MONUSCO ont montré leurs limites dans la protection des habitants, en dépit du mandat qui leur a été confié pour stabiliser la RDC. Militant de la LUCHA, il affirme qu’après le retrait de la MONUSCO en août 2022, il est temps pour les populations de reprendre en main leur propre sécurité, en refusant de compter à nouveau sur des forces étrangères dans le processus de recherche de la paix.

« C’est qui nous a poussé à être très exigeant envers cette organisation c’est qu’elle était  venue pour sécuriser la population qui est en proie à l’insécurité, mais nous avons compris qu’elle est trop passive. Pour nous, ça ne devrait pas vraiment être une bonne chose de rester silencieux, sans être exigeant envers cette MONUSCO. Pour nous, la réponse qu’on attendait, c’était que cette MONUSCO s’améliore. Et si elle n’est pas en mesure d’améliorer ses services au niveau de la ville, elle doit dégager. Et finalement, elle est partie. Pour nous, avant et après la MONUSCO c’est toujours la même chose. C’est quelque chose qui doit interpeller les gens, parce que les gens ont compris quand même qu’on doit se prendre en charge sur certaines choses », a-t-il déclaré.

Cependant, un autre regard est porté par Kakule Musavuli, défenseur des droits humains au sein de la fondation Prime Metale Mundu Ngawe. S’il reconnaît que les casques bleus n’ont pas su garantir une protection militaire efficace aux civils, il estime néanmoins que la MONUSCO a joué un rôle non négligeable dans la documentation et la dénonciation des violations des droits humains, un aspect important de sa mission.

« Durant leur séjour en ville de Butembo, en matière de droits humains, je vois le partenaire de la MONUSCO, ceux du département police de proximité, qui sillonnent dans des cachots par-ci par-là. Une fois ils vous rencontrent dans des cachots. Si c’était un fait bénin, ils vous  fait libérer. Ils causaient avec les autorités de la police, qui disent voilà, c’est un cas qui ne nécessite pas la prison, il faut qu’il retourne chez lui, à la maison. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Et puis, à la prison de Kakwangura, ils faisaient chaque jour des monitorings là-bas, ils contribuaient à l’amélioration des conditions de vie humaine du prisonnier », rappelle Kakule Muyisa.

Pour rappel, la MONUSCO était présente à Butembo depuis 2002, mais a été vivement contestée par une partie de la population en juillet 2022, ce qui a conduit à son retrait de la ville en août de la même année.

Glodi Mirembe

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