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Processus de Doha : un pas vers la paix fragilisé par l’absence de mesures coercitives de la part des facilitateurs (Analyse)

Le manque de mesures coercitives et d’un suivi minutieux de la part des facilitateurs fait partie des faiblesses des accords signés jusqu’ici dans le cadre des pourparlers de Doha, au Qatar, pour un dialogue de paix entre le gouvernement congolais et le M23.
Selon Frédéric Amani, chercheur associé à la Faculté des sciences politiques  relations internationales de l’Université de Lubumbashi, cette « léthargie » (Ndlr) fragilise la mise en œuvre des engagements pris par les parties en conflit, notamment le cessez-le-feu et d’autres obligations y afférentes.

Ce jeudi 14 octobre, un accord portant sur un mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu a été conclu entre le gouvernement congolais et le mouvement politico-militaire AFC-M23. Pour le chercheur, cette signature marque une étape cruciale franchie vers la conclusion d’un accord de paix.

« C’est un signal fort, une lueur d’espoir dans le cadre des efforts pour le rétablissement de la paix dans l’Est congolais. Ce mécanisme a pour mission d’amener les deux parties à se surveiller mutuellement et à respecter le cessez-le-feu afin de faire progresser les pourparlers », précise-t-il.

Cependant, poursuit le chercheur en relations internationales, les deux parties doivent se faire mutuellement confiance pour aboutir à une mise en œuvre effective des engagements pris.
« Dès qu’il n’y a pas de mesure coercitive, un protagoniste peut se sentir lésé et attaquer l’autre partie, ce qui fragilise la bonne marche du processus. Les facilitateurs doivent définir des moyens contraignants contre les parties en conflit pour qu’elles respectent leurs engagements », exhorte le chercheur.

À moins de 24 heures, avant que l’encre de la signature de l’accord sur le mécanisme de surveillance du cessez-le-feu à Doha ne sèche, la société minière de Twangiza, située à Luhwinja et contrôlée par le M23, a été la cible de frappes de drones attribuées aux FARDC.
Dans un communiqué, la rébellion confirme des frappes sur ses positions à Kadasomwa, Lumbishi et Kasake, et dénonce une violation du cessez-le-feu.

Elisha Kindy

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