
L’obtention du passeport biométrique demeure une démarche extrêmement exigeante au Nord-Kivu. De l’identification nationale au service de l’ANR, en passant par le bureau de capture, certains requérants sont sommés de débourser des frais non officiels en échange d’un traitement rapide de leur dossier.
À qui profitent ces pratiques ? Les autorités sont-elles au courant ? Voilà autant de questions que se posent certaines victimes rencontrées.
La procédure légale prévoit, au-delà des 75 dollars à payer en ligne ou dans un guichet physique d’Equity BCDC, 20 dollars à débourser au service de l’Agence nationale de renseignement (ANR) pour l’identification nationale, puis 30 dollars américains comme frais de capture soit un total de 125 dollars américains. Dans les 48 heures suivant l’identification nationale, le requérant est censé passer au bureau de capture. Cependant, rien n’est tel qu’il paraît. En dépit de ces paiements, d’autres frais connexes sont exigés des requérants. Et cela se fait de deux manières.
La première implique directement certains agents attachés au centre de capture de Beni. Ils disent au requérant que, sans le déboursement d’une autre somme destinée aux chefs, son dossier va traîner, à moins qu’il ne soit armé de patience. C’est ainsi que le requérant est contraint de trouver la somme qui lui est demandée, de peur que son dossier ne traîne. Ces frais varient entre 20 et 30 dollars, selon l’agent impliqué.
Certains requérants interrogés, sous couvert d’anonymat, disent avoir attendu jusqu’à un mois pour accéder au bureau de capture après l’identification nationale à l’ANR.
La deuxième manière est celle qui implique directement les requérants qui, au vu de leur urgence, proposent une somme importante au centre de capture afin que leur dossier avance plus rapidement. Cette pratique n’avantage malheureusement pas certains requérants n’ayant pas les moyens.
Dans ce contexte, certains requérants viennent souvent d’autres villes comme Goma, Butembo et Bukavu, avec une prévision budgétaire adaptée à quatre ou cinq jours, mais sont contraints d’y passer une semaine et de payer des pourboires.
Pourtant, le 9 février 2026, une délégation du ministère des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo était arrivée à Beni, chef-lieu provisoire de la province du Nord-Kivu, pour enquêter sur des plaintes faisant état d’une hausse du prix du passeport biométrique au centre de capture temporaire de Beni-Butembo. Après cette mission, la situation, tant décriée par les organisations de la société civile, a continué son cours habituel.
La redaction
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