Le fossé entre le système juridique occidental et les réalités sociales vécues dans les sociétés influencées par les normes coutumières alimente de nombreux conflits persistants. Face à ce constat, le Professeur Moïse Musubao Muyisa plaide pour une adaptation du droit coutumier à la modernisation, tout en préservant son enracinement culturel. Il l’a déclaré lors du colloque consacré à Mgr Emmanuel Kataliko, organisé du 2 au 3 octobre à l’Université Catholique du Graben (UCG).
Dans son intervention intitulée « Quel avenir pour le droit coutumier face à la modernisation ? », ce chercheur en sciences sociales a démontré que le droit occidental tend à s’éloigner des réalités locales. Il impose des normes juridiques souvent inadaptées à la résolution efficace des conflits, là où le droit coutumier permettait autrefois une médiation plus proche du vécu communautaire.
« Nous ne devons pas avoir un droit occidentalisé, mais un droit enraciné dans notre quotidien », affirme le professeur. Il illustre ses propos par le contraste entre la propriété collective coutumière et la conception occidentale de la propriété privée. « Chez nous, on reconnaît le droit d’usage par des redevances ; en droit occidental, ce sont des taxes, des impôts », précise-t-il.
Vu les crises qui secouent nos sociétés actuelles à cause de l’écart entre le système juridique occidental et les réalités socialement vécues, l’enseignant propose :
« La promotion des méthodes alternatives au niveau de la justice pour la résolution pacifique des conflits. La mise en place de la Commission Justice et Paix : c’est la médiation, c’est la conciliation, c’est l’arbitrage. Nous parlons dans nos langues, nous nous mettons avec les sages du quartier pour gérer nos conflits pacifiquement, pour une paix sociale future », exhorte-t-il.
« Il vaut mieux un faux arrangement qu’un bon procès », a-t-il conclu.
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