
Les grands moyens ne sont pas encore déployés pour la riposte contre la maladie à virus Ebola. Seules les mesures barrières doivent être observées par la population. C’est ce qu’a révélé Mathe Saanane, président de la société civile de la ville de Butembo, ce lundi, à l’issue du briefing des leaders communautaires dans la zone de santé de Butembo, au Nord-Kivu. Il appelle ainsi les habitants à ne pas se bercer d’illusions, mais plutôt à collaborer avec les agents sanitaires pour une prévention efficace.
Selon le président de la société civile, le contexte actuel de la riposte est tout autre que celui de 2018 dans la province du Nord-Kivu. Si, à l’époque, des moyens colossaux avaient été débloqués pour faire face à cette fièvre hémorragique, ils sont, pour cette résurgence, particulièrement limités. Mathe Saanane note au même moment qu’à Butembo, les statistiques font état de 9 cas confirmés d’Ebola, dont deux dans la zone de santé de Butembo et 7 dans celle de Katwa. Il rappelle que seules les mesures préventives doivent être de stricte application pour faire face au virus.
« 7 cas dans la zone de santé de Katwa, et 2 dans celle de Butembo. Parmi ces 9 cas, un seul cas est résidentiel en ville de Butembo. Les 8 cas sont venus de la province voisine. Nous sommes appelés à nous protéger, c’est une prévention. Nous devons faire la prévention en observant les mesures barrières : en se lavant les mains régulièrement, mais aussi en évitant les contacts avec les malades suspects ou avec ceux qui viennent des milieux à haut risque. Et donc, nous devons nous prévenir mutuellement et nous aider à nous sensibiliser mutuellement ».
Au même moment, le président de la société civile estime que les habitants devraient rester calmes face aux équipes de riposte. Il fait observer que ces dernières ne sont pas prises en charge par de gros fonds débloqués par le gouvernement, mais dépendent plutôt d’initiatives locales au niveau des zones de santé. Il invite de ce fait la population à une prise de conscience collective.
« Jusqu’à maintenant, il n’y a que les zones de santé qui interviennent, et il n’y a pas de fonds jusqu’à présent. Et donc, je crois que nous devons éviter les illusions en pensant que les choses vont se passer comme la fois passée. Mais actuellement, le ministère de la Santé a adopté une autre approche. Il n’y aura que les infirmiers et les médecins dans les différentes structures déjà en place qui vont s’occuper des malades atteints par le virus Ebola. Et donc, ne pensez pas que vous pouvez créer une résistance pour que l’on fasse ensuite appel à vous. Vraiment, détrompez-vous, n’ayez pas de telles illusions, parce que c’est au prix de la vie de nos frères et sœurs que vous voulez faire des histoires comme ça. Ça ne paye pas ».
Les statistiques du 31 mai 2026 sur l’ensemble du territoire national révèlent 321 cas confirmés, dont 48 décès, 6 guérisons et 116 cas suspects en cours d’investigation.
Pendant ce temps, 104 cas suspects sont en isolement et 238 patients se trouvent sous traitement.
Cependant, 12 nouveaux cas confirmés ont été rapportés le 31 mai dernier. Au total, 23 zones de santé sont touchées dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L’Ituri reste l’épicentre de cette 17e épidémie d’Ebola, avec 15 zones de santé touchées sur les 36 qu’elle compte.
Glodi Mirembe
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